III.11.v Fraternité des Polaires – Confrérie de la Flèche d’Or

Devenez complotiste avec le Volume IIIChapitre 11 – Partie v de l’incroyable Ordo ab Chao de l’auteur canadien David Livingstone, qui depuis 30 ans dévoile les coulisses de l’Histoire et vient de nous donner les droits de son intégrale traduction.

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Rituel dirigé par de Naglowska à la Confrérie de la Flèche d’Or (Paris, années 1930)

Maria Naglowska, une occultiste russe qui a écrit et enseigné la magie sexuelle, faisait également partie de la confrérie des Polaires 1. Elle aurait été initiée par des juifs hassidiques ou par Raspoutine, ou par la secte russe des Khlysts à laquelle Raspoutine aurait appartenu 2. Les Khlysts pratiquaient la recherche de la grâce divine pour le péché dans des rituels extatiques qui, selon la rumeur, se transformaient parfois en orgies sexuelles 3. L’enseignement occulte de Naglowska se concentrait sur ce qu’elle appelait le Troisième Terme de la Trinité, dans lequel le Saint-Esprit de la trinité chrétienne classique est reconnu comme le « féminin divin ». Ses pratiques visaient soi-disant à provoquer une « réconciliation » des forces de la lumière et de l’obscurité dans la nature par l’union sexuelle du mâle et de la femelle.

Naglowska s’installe à Rome vers 1920 où elle fait la connaissance de Julius Evola 4. En 1929, elle s’installe à Paris où elle dirige des séminaires occultes sur ses idées en matière de magie sexuelle. Parmi les participants à ces séances figuraient des écrivains et des artistes d’avant-garde de renom tels qu’Evola, William Seabrook, Man Ray et André Breton. Ces rassemblements ont finalement abouti à la création de la Confrérie de la Flèche d’Or 5. Pendant son séjour à Paris, elle a également publié un journal appelé La Flèche, auquel elle et d’autres occultistes, dont Evola, ont contribué par des articles. Le journal présentait également son propre grimoire « Dragon vert ».

Evola, dans son livre La métaphysique du Sexe, Naglowska a affirmé que ses écrits étaient souvent destinés à provoquer un effet de choc, notant son « intention délibérée de scandaliser le lecteur en s’attardant inutilement sur le satanisme » 6. Naglowska se qualifiait de « femme satanique » et proclamait que « la raison est au service de Satan ». Elle a explicitement encouragé ses disciples à imaginer Satan comme une force interne à l’humanité plutôt que comme un esprit extérieur, réellement mauvais et destructeur 7. Un rituel dont il existe un récit de première main rappelle que la cérémonie comprenait une Naglowska nue couchée sur l’autel, tandis qu’un initié masculin place un calice sur ses parties génitales et proclame : « Je m’efforcerai par tous les moyens de m’illuminer, avec l’aide d’une femme qui sait m’aimer d’un amour vierge… Je rechercherai avec des compagnons l’acte érotique initiatique qui, en transformant la chaleur en lumière, éveille Lucifer aux nuances sataniques de la masculinité » 8.

En 1931, Naglowska a compilé, traduit et publié en français un recueil d’écrits de Paschal Beverly Randolph, qui a eu une profonde influence sur l’Hermetic Brotherhood of Light. Sa publication des enseignements de Randolph, jusqu’alors peu connus, a été la source de son influence ultérieure sur la magie européenne 9. Comme l’indique le « Lexique succinct de l’érotisme », dans le catalogue de l’Exposition internationale surréaliste de 1959 à Paris, les surréalistes ont été influencés par Naglowska 10, et Randolph a également été présenté dans le « Lexique succinct de l’érotisme », publié dans le même catalogue de 1959, qui était consacré au thème de l’éros. L’esquisse, qui mentionne Naglowska, a été écrite à la demande d’André Breton par Gérard Legrand, qui a assisté Breton dans sa dernière grande œuvre, L’Art Magique, en 1957.

David LIVINGSTONE

1 – Penelope Rosemont. Surrealist Women: An International Anthology. (Athlone Press, 1998). pp. lvi and xlii

2 – L’ésotérisme au féminin. L’Age D’Homme, 2006) p. 118

3 – E. Radzinsky. The Rasputin File, (Anchor, 2000).

4 – Hans Thomas Hakl. “The Theory and Practice of Sexual Magic Exemplified by Four Magical Groups in the Early Twentieth Century.” Hidden Intercourse: Eros and Sexuality in the History of Western Esotericism. (Fordham University Press, 2010) p. 465.

5 – William Traxler. “The Reconciliation of the Light and Dark Forces”, the Introduction to The Light of Sex by Maria de Naglowska. (Inner Traditions, 2011). pp. 4–8.

6 – Julius Evola. Eros Mysteries of Love: The Metaphysics of Sex. (Inner Traditions, 1991) p. 261.

7 – Maria de Naglowska. Advanced Sex Magic: The Hanging Mystery Initiation. (Inner Traditions, 2011). p. 81.

8 – Gareth J Medway. Lure of the Sinister: The Unnatural History of Satanism. (New York University Press, 2001). p. 19.

9 – Arthur Versluis. Gutierrez, Cathy, ed. The Occult in Nineteenth Century America. (Aurora, CO: The Davies Group, 2005). p. 29.

10 – Penelope Rosemont. Surrealist Women: An International Anthology. (Athlone Press, 1998). pp. lvi and xlii

 

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