IV.19.iii Prieuré de Sion – Dossiers Secrets

Devenez complotiste avec le Volume IVChapitre 19 – Partie iii de l’incroyable Ordo ab Chao de l’auteur canadien David Livingstone, qui depuis 30 ans dévoile les coulisses de l’Histoire et vient de nous donner les droits de son intégrale traduction.

plantard-philippe2bde2bche25cc2581risey
Pierre Plantard et son ami, Philippe de Chérisey
logo_prieure_orig
L’emblème du Prieuré de Sion lors de sa première apparition

Dans les années 1960, Plantard, qui vivait dans un bloc de logements sociaux appelé Sous-Cassan, a enregistré le Prieuré de Sion comme « organisation de défense des droits et de la liberté du logement abordable » 1. Les preuves présentées à l’appui de son existence historique ont ensuite été forgées et plantées en divers endroits de France par Plantard et ses complices 2. L’histoire frauduleuse du « Prieuré de Sion » et de sa fausse lignée a été créée en utilisant la grande quantité de documents ésotériques disponibles dans les bibliothèques françaises et en forgeant et en plantant d’autres documents dans divers endroits de France. Par exemple, les documents de Saint-Yves d’Alveydre ont été déposés à la Sorbonne en 1938 par le fils de Papus, ainsi que de nombreux documents de Papus lui-même. Une enquête menée par le chercheur Paul Smith a montré que certains des documents indiquant une supposée lignée et un poème inspiré du Prieuré et intitulé Le Serpent Rouge (« The Red Dragon ») ont été imprimés sur la même presse 3.

Plantard et son ami, Philippe de Chérisey, ont créé et déposé à la Bibliothèque Nationale de France (BNF) à Paris une série de faux documents, dont le plus célèbre s’intitulait Dossiers Secrets d’Henri Lobineau. Les Dossiers Secrets étaient une série de généalogies qui semblaient prouver le lien avec la lignée éteinte des rois mérovingiens. Dans La Race Fabuleuse, Gérard de Sède, l’ami de Plantard, affirme en outre que les Mérovingiens sont des extraterrestres.

gerard-de-sede
Gérard de Sède (1921 – 2004)

Selon les propres documents du Prieuré, en 1070, un groupe de moines de Calabre, en Italie, dirigé par un certain prince Ursus, a fondé l’abbaye d’Orval en France près de Stenay, dans les Ardennes, un site qui avait été occupé depuis la période mérovingienne. À leur arrivée dans les Ardennes, les moines calabrais obtiennent le patronage de Mathilde de Toscane, duchesse de Lorraine qui est la tante de Godfroi de Bouillon et, de fait, sa mère nourricière. De Mathilde, les moines reçoivent une terre à Orval, non loin de Stenay, où Dagobert II avait été assassiné quelque cinq cents ans plus tôt. Selon de Sède, ils comptaient parmi eux Pierre l’Hermite, qui avait lancé la première croisade, et qui aurait été le précepteur personnel de Godfroi de Bouillon. Ceux-ci ont été remplacés en 1132 par des cisterciens du monastère de Tre Fontane, nouvellement fondé. Leur premier abbé Constantin avait été un disciple de Saint Bernard de Clairvaux.

Les auteurs de Holy Blood, Holy Grail notent que le Hiéron du Val d’Or contient un anagramme du toponyme « Orval ». Notamment, le mot « Orval » contient les syllabes qui signifient « or » et « vallée ». Selon de Sède, comme le répète également la légende populaire, Nostradamus a passé un certain temps en Lorraine, après quoi il aurait été « initié » à un important secret. Plus précisément, on aurait montré à Nostradamus un livre ancien et obscur intitulé « L’abbaye d’Orval », sur lequel il a basé toutes ses prophéties ultérieures 4.

Le Holy Blood Holy Grail suggère en outre que les aspirations du Hiéron concordent avec la prophétie de Nostradamus sur le « Grand Roi » qui sortirait de Lorraine, puisque les Habsbourg appartiennent essentiellement à la Maison de Lorraine. Selon les Dossiers Secrets, le Prieuré de Sion semble avoir été à l’origine de deux mouvements anti-monarchiques français, la Compagnie du Saint-Sacrement du XVIIe siècle et la Fronde du XVIIIe, ainsi que du Hiéron du Val d’Or, comme une tentative de faire des Habsbourg des empereurs de toute l’Europe au XIXe siècle. Le nouvel empire aurait été le reflet du Ciel sur Terre, cet idéal arcadien spécifiquement hermétique.

07-father-sauniere-1-600x280-1
Bérenger Saunière (1852 – 1917)

Au cours de la même décennie, Plantard a chargé de Chérisey de forger deux parchemins médiévaux contenant des messages cryptés faisant référence au Prieuré de Sion. Ils ont adapté les fausses affirmations antérieures de Noël Corbu selon lesquelles, en 1891, un prêtre catholique du nom de Bérenger Saunière aurait découvert d’anciens parchemins dans son église de Rennes-le-Château, dans le Languedoc, dans le sud de la France, une région qui avait été associée à l’hérésie cathare. Saunière a peut-être été associé à l’Ordre de la Rose-Croix du Temple et du Graal, fondé par Joséphin Péladan. Cette association est la source des informations incomplètes dont le Prieuré de Sion a hérité sur Rennes-le-Château par l’intermédiaire du véritable fondateur du Prieuré, le « Comte Israël » Georges Monti 5.

Plantard s’est ensuite assuré l’aide de de Sède pour écrire L’Or de Rennes, un livre basé sur son manuscrit inédit et de faux parchemins, alléguant que Saunière avait découvert un lien avec un trésor caché. Toute la région autour de Rennes-le-Château a fait l’objet de nombreuses revendications dans les années 1950 et 1960, impliquant Blanche de Castille, les Mérovingiens, les Templiers, les Cathares, les trésors du Temple de Salomon dont l’Arche d’Alliance et la Ménorah.

51uadh0fx3l._sl250_En 1969, le scénariste anglais Henry Lincoln a lu la version de poche de L’Or de Rennes, puis, entre 1972 et 1979, a produit deux documentaires (Chronicle) sur le sujet. Lincoln a également été dirigé vers les Dossiers Secrets, et a fait équipe avec deux autres auteurs, et a co-écrit le livre de 1982 le Holy Blood and the Holy Grail affirmant que Saunière a peut-être trouvé des preuves que Jésus Christ et Marie Madeleine étaient mariés, et a produit une progéniture qui est finalement devenue la dynastie mérovingienne. Le Prieuré était également ostensiblement responsable de la création ultérieure des Templiers, dont le but était de protéger cette lignée « sacrée », le « Saint Graal », le sang réel ou « saint sang », qui avait survécu grâce aux monarques et aux sinclairs mérovingiens. Les auteurs ont affirmé que les Protocoles des Sages de Sion ne représentaient pas une conspiration juive, mais les objectifs du Prieuré de Sion d’élever un descendant de cette lignée au rang de dirigeant du monde. Les auteurs ont spéculé que les mystérieux revenus de Saunière pourraient provenir du Vatican « qui aurait pu être soumis à un chantage politique de haut niveau à la fois par Sion et par les Habsbourg » 6.

Le livre a été un best-seller international, inspirant le roman à succès de Dan Brown, The Da Vinci Code. Selon Brown, la famille a préservé au fil des siècles des rites de magie sexuelle rituelle, qui représentent soi-disant les véritables enseignements de Jésus, mais qui ont été assimilés à tort par l’Église catholique au culte de Satan. La base du roman de Brown est l’affirmation que cette lignée est reconnaissable à leurs cheveux roux, ce qui a été évoqué de manière cryptique dans la Cène de De Vinci, où un apôtre assis à la droite de Jésus était en fait la Madeleine. Pendant des siècles, le Prieuré de Sion avait protégé ses restes, qui représentaient le véritable secret du Saint Graal. Bien que le roman de Brown soit une fiction, il commence par énoncer deux aspects comme des faits : l’existence du Prieuré de Sion et un ordre catholique connu sous le nom d’Opus Dei, qui est caractérisé comme l’ennemi de la conspiration des lignées de sang.

David LIVINGSTONE

1 – “Les Archives du Prieuré de Sion.” Le Charivari, N°18, 1973. Containing a transcript of the 1956 Statutes of the Priory of Sion.

24The History of a Mystery, BBC 2, transmitted on 17 September 1996.

3 – Robert Richardson. “The Priory of Sion Hoax.” Gnosis: A Journal of the Western Inner Traditions (Spring 1999) no. 51.

4 – Baigent, Lincoln, Leigh, The Holy Blood and the Holy Grail, pages 364-365, and page 15 (Jonathan Cape, 1982).

5 – Robert Richardson. “The Priory of Sion Hoax.” Gnosis: A Journal of the Western Inner Traditions (Spring 1999) no. 51.

6 – Ibid.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s