I.15.i Baphomet – Procès des Templiers

Devenez complotiste avec le Volume IChapitre 15 – Partie i de l’incroyable Ordo ab Chao de l’auteur canadien David Livingstone, qui depuis 30 ans dévoile les coulisses de l’Histoire et vient de nous donner les droits de son intégrale traduction.

de-molay
Vers la fin du XIIIe siècle, Joachim de Fiore parle des Templiers et des Hospitaliers comme d’un « nouveau type de religion » 1, et l’alchimiste Raymond Lull rencontre fréquemment les deux ordres. En 1275, Lull écrit le Book of the Order of Chivalry, dans lequel il présente un programme de régénération et d’illumination des chevaliers. Dans les années 1290, lorsque Philippe IV « le Bel » commence sa campagne d’opposition au pape, le collègue de Lull à l’Université de Paris, Duns Scot, s’oppose à la position du roi et quitte donc Paris pour Oxford. Lull, cependant, espère que Philippe mènera une nouvelle croisade et présente son plan de réforme et d’unification des ordres militaires.Lull se rend ensuite à Chypre, où il exhorte le roi Henri de Lusignan à se joindre à sa campagne de conversion. Les Lusignan, qui se disent descendants de Mélusine, ont été les souverains de Jérusalem, ou plus exactement d’Acre, de 1268 jusqu’à la chute de la ville en 1291. Toujours après 1291, les Lusignan ont continué à revendiquer la Jérusalem perdue et ont parfois tenté d’organiser des croisades pour reprendre des territoires sur le continent. La forteresse d’Acre, depuis sa prise par Richard jusqu’à sa conquête finale par les musulmans, a constitué pendant deux cents ans la base de l’empire des croisades en Palestine. Les ordres des Templiers et des Hospitaliers y avaient leur siège. En 1291, les musulmans attaquent Acre, alors que parmi les Templiers, y compris leur Grand Maître, seuls dix échappent sur cinq cents chevaliers. Henri II de Lusignan, le patriarche, et le Grand Maître des Hospitaliers, avec les quelques survivants, s’échappèrent et retournèrent à Chypre. Bien qu’Henri ait refusé, Lull trouva un sympathisant en Jacques de Molay, le Grand Maître des Templiers, qui « reçut allègrement » Lull dans sa maison de Limassol pendant plusieurs semaines en 1302. Cependant, en 1309, Lull avait acquiescé à l’attaque de Philippe contre les Templiers et a donc publié un plan révisé, intitulé Book on the Acquisition of the Holy Land 2.51zfkffcm0l._sl250_Cependant, à leur retour à Chypre, les Templiers avaient conspiré pour placer le frère d’Henry II, Almaric, prince de Tyr, sur le trône. Henry II a été envoyé en détention en Arménie. Mais c’est à cette époque, en 1306, sous la pression de Philippe IV, roi de France, que le pape convoque Jacques de Molay de Chypre pour répondre aux accusations d’hérésie. En 1308, Almaric reçoit des lettres du pape lui ordonnant d’arrêter tous les Templiers de Chypre. Leurs biens ont été remis aux Hospitaliers et, après l’assassinat d’Almaric, ils ont soutenu le retour d’Henri II sur le trône de Chypre. Par conséquent, l’arrestation des Templiers semble n’avoir été qu’un prétexte pour transférer leurs biens aux Hospitaliers. La noblesse européenne avait appelé à une unification des ordres des Templiers et des Hospitaliers, mais Jacques de Molay s’y opposait. Après la chute d’Acre, Philippe IV de France appelle à une nouvelle croisade, mais Jacques de Molay refuse à nouveau d’y participer.
Les rumeurs concernant la cérémonie secrète d’initiation des Templiers éveillèrent les soupçons, et Philippe initia leur suppression. Après les dissensions entre Philippe et le pape Boniface VIII et la mort de son successeur Benoît XI, un conclave dans l’impasse finit par élire Clément V, un Français, comme pape en 1305. Clément refusa de s’installer à Rome, restant en France, et en 1309, il déplaça sa cour dans l’enclave papale d’Avignon, où elle resta pendant les 67 années suivantes, inaugurant ainsi la période connue sous le nom de papauté d’Avignon. En 1305, Clément V envoie des lettres au Grand Maître Templier Jacques de Molay et au Grand Maître Hospitalier Fulk de Villaret pour discuter de la possibilité de fusionner les deux ordres. Aucun des deux n’était favorable à l’idée. Le pape Clément V subit de fortes pressions de la part de Philippe et, en novembre 1307, il ordonne l’arrestation des Templiers dans tous les pays.
Parmi les accusations portées contre les Templiers figuraient la pratique de la sorcellerie, la négation des principes de la foi chrétienne, le fait de cracher ou d’uriner sur la croix lors de rites d’initiation secrets, le culte du diable sous la forme d’un chat noir et la commission d’actes de sodomie et de bestialité, crimes qui avaient également été attribués à des kabbalistes juifs. Les Templiers étaient également accusés d’avoir adoré un crâne ou une tête appelée Baphomet et de l’avoir oint de sang ou de graisse de bébés non baptisés. De nombreux Templiers ont été exécutés ou emprisonnés et en 1314, le dernier Grand Maître de l’Ordre, Jacques de Molay, a été brûlé sur le bûcher. Leurs domaines français furent accordés aux Hospitaliers, mais Philippe les conserva jusqu’à sa mort et expropria purement et simplement la banque des Templiers 3.

L’influence de la Kabbale s’est manifestée chez les Templiers, comme dans toute la tradition gnostique ultérieure qui a existé au sein de l’Église catholique, dans le culte de la Vierge Marie. Les Templiers étaient liés par les voeux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance, se consacrant à la Mère de Dieu, ésotériquement la Shekhinah. Les XIIe et XIIIe siècles ont vu un extraordinaire développement du culte de la Vierge en Europe occidentale, en partie inspiré par les écrits de théologiens tels que Bernard de Clairvaux, qui était l’un des hommes d’église les plus influents de son temps 4, et qui, dans le « Sermon du dimanche de l’Octave de l’Assomption », a décrit la participation de Marie à la rédemption. Praises on the Virgin Mother de Bernard était un petit traité complet de mariologie. Dans une allusion cryptique à Aphrodite, ou Vénus, Bernard a écrit de Marie sous le titre « Notre-Dame, étoile de la mer » une traduction du titre latin Stella Maris : « Quand les tempêtes de la tentation éclatent sur toi, quand tu te vois poussée sur les rochers de la tribulation, regarde l’étoile, appelle Marie » 5.

David LIVINGSTONE

1 – Joachim of Fiore. Liber concordie novi ac ueteris testamenti, V, 18 (Venice 1519).

2 – Schuchard. Restoring the Temple of Vision, p. 75.

3 – Sophia Menache. Clement V (Cambridge: Cambridge University Press, 2002) pp. 1, 2, 16, 23, 178, 255.

4 – Department of Medieval Art and The Cloisters. “The Cult of the Virgin Mary in the Middle Ages.” In Heilbrunn Timeline of Art History (New York: The Metropolitan Museum of Art, October 2001).

5 – Hom. II super « Missus est, » 17; Migne, P. L., CLXXXIII, 70-b, c, d, 71-a. cited in Doctor Mellifluus 31.

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