Étudiant assidûment l’œuvre de feu Étienne Couvert ainsi que celle des auteurs qui ont combattu la gnose, Céleste Goubly en retrace l’origine, les variations et les réfutations dans Gnôsis, une formidable synthèse de cet héritage si précieux qui permet de comprendre comment la gnose continue de se frayer un chemin, voire plusieurs…
1. Bonjour Céleste Goubly, pourquoi cet ouvrage ?
Depuis la Renaissance la gnose a pris dans le champ de la pensée occidentale une part inversement proportionnelle aux considérations qu’on lui porte. Plus elle est présente, moins elle est palpable. Caractéristique déterminante de la pensée postcartésienne, elle semble aujourd’hui se mouvoir aux yeux de tous sous le casque d’Hadès : cachée en pleine lumière.
En poussant les recherches, je m’étonnais de voir qu’un sujet aussi décisif ne mobilise pas plus l’intérêt des catholiques… futurs noachites que nous sommes en passe de devenir. Forcé de constater qu’il circule sur le sujet beaucoup d’idées reçues et parfois mal comprises, j’ai tenté de rendre compte dans une synthèse accessible de l’état actuel de la question selon les critères de la théologie classique et de la philosophie thomiste.
2. Selon vous le monisme engendrerait l’existence du mal en Dieu, pourquoi ?
Contre certaines opinions communément admises, je soutiens que la métaphysique de la gnose est toujours exclusivement moniste. Il y a sur ce point, me semble-t-il, une incompréhension qui revient souvent et qu’il me faut tenter d’éclaircir.
Dans la plupart des mythes cosmogoniques des premiers siècles, on trouve une présentation dualiste qui oppose un bon principe (associé à l’esprit) à un mauvais principe (associé à la matière). Mais derrière ces représentations qui forment en quelque sorte un dualisme de façade (moral, cosmique, mythique) la charpente métaphysique repose sur le monisme ; elle ne
conçoit qu’un seul « mode d’Être » : une substance unique émanée du bon principe, qui, au terme d’une tragédie interne ayant rompu la perfection du Plérôme, chute dans la matière et se retrouve enfermée dans un corps. La substance qui émane du Plérôme est la seule réalité pleinement positive. Le « mal véritable » est le produit qui résulte du mélange des deux principes, considérés comme des attributs dialectiques qui se compensent l’un et l’autre mais qui tirent leur origine commune de l’Un, la perfection du Plérôme.
Autrement dit, au niveau phénoménal (le monde, l’histoire, l’expérience humaine) il y a bien deux principes en lutte : la Lumière et les Ténèbres. Mais au niveau ontologique, ces deux principes ne constituent pas deux modes d’être irréductibles ; ce qui possède véritablement l’être, c’est la substance lumineuse, l’Être du Plérôme. Le drame cosmique est celui de sa dispersion, de son mélange et de son aliénation dans la matière.
D’autres courants de la gnose, comme le néoplatonisme, réaffirment le bien comme le seul principe positif, identifié à l’Un. Ici le monisme est explicite, et le mal dans ce cas, n’est pas perçu comme un principe actif mais comme une déficience de l’Être qui augmente à mesure qu’on s’éloigne de l’Un. Survient alors l’inévitable écueil auquel se sont heurtés tous les systèmes issus de cette métaphysique de l’Un : si l’homme est le produit d’une dégradation de la substance unique, et puisqu’il est indéniable que le mal subsiste en lui, l’origine de ce mal ne peut s’expliquer autrement que comme une aliénation progressive de la substance divine elle-même. Initialement bon, Dieu « se meut » progressivement jusqu’à donner naissance au mal.
3. En quoi le panenthéisme permet-il d’échapper à l’accusation de panthéisme et correspond davantage à l’Ein Sof ?
On ne peut pas confondre le monde et Dieu sans dissoudre la transcendance. Si l’Être de Dieu correspond à l’Être du monde (ou à la somme des individuations qui le composent) alors l’un ou l’autre de ces Êtres se retrouve aussitôt nié. Que l’on nie Dieu, on divinise le monde ; qu’on nie le monde, on naturalise Dieu. Qu’on identifie l’un et l’autre, et Dieu n’est plus qu’un concept ontologiquement rattaché au développement du monde : si le monde change, c’est Dieu qui change. Si le monde vient à disparaitre, c’est Dieu lui-même qui disparait.
Seule une métaphysique de l’Être peut répondre adéquatement à cette question. Dieu n’a pas l’Être, Il est l’Être. L’homme, lui, reçoit son être de Dieu. Il participe donc de cet Être divin sans jamais appartenir à son essence.
Les gnostiques rejettent cette métaphysique, arguant que l’Être serait une détermination impropre à la pureté divine. L’Être, disent-ils, est déjà « de trop » pour la perfection nue de l’Absolu. Il faut donc placer Dieu « au-delà de l’Être » – ou retrouve notamment cette conception de l’hypertheos dans le néoplatonisme et la kabbale. Dieu ne serait pas l’Être mais un « abîme ineffable », un « néant inaccessible », un « dieu caché » au-delà de toute détermination, dont on ne peut rien dire et rien savoir. De cet Inconnaissable doivent nécessairement émaner des intermédiaires (souvent décrits comme ses attributs) dont la fonction essentielle est de rendre compte, par une progression graduelle, des développements successifs de ce « néant originel » qui permettront de passer de l’Un au multiple, sans confondre Dieu et le monde. De cette façon, l’Infini divin demeure irréductible à l’ensemble des réalités qu’il manifeste ; autrement dit, Dieu est plus que le monde (dans sa partie cachée/inconnaissable) mais le monde lui demeure ontologiquement rattaché (par le biais de ses attributs/intermédiaires). Les créatures sont des manifestations de l’Infini, dont la source demeure cachée, indicible et inépuisable.
Les gnostiques n’auront plus qu’à jouer sur ces distinctions subtiles pour infléchir à leur gré les rapports entre l’homme et Dieu. Dans la kabbale, par exemple, la théurgie permet d’agir indirectement sur l’Ein Sof par l’entremise des puissances intermédiaires : celui qui parvient, par la pratique du rituel, à exercer une influence sur les sephirot, peut en fait attirer l’influx du « dieu caché ».
4. Ce qui nous renvoie à la chaîne Esoterica du Docteur Justin Sledge, qui bien qu’anglophone mérite d’être connue, ne serait ce que pour voir que la Kabbale n’est jamais loin…
Concernant la kabbale, je n’ai fait qu’effleurer le sujet dans ce premier tome pour évoquer rapidement le rôle de « passeurs » qu’ont joué les savants juifs dans le processus historique.
Elle sera largement traitée dans le second volume qui visera plus spécifiquement les développements de la gnose dans ses rapports avec le judaïsme.
* Ce docteur est un savant combo à découvrir (la plupart de ses vidéos sont remarquables ainsi que les livres qu’il vend). Car même lorsqu’on est « adversaires » il est toujours intéressant de voir les règles selon l’Autre.
Je suis le Dr Justin Sledge et bienvenue sur Esoterica, où nous explorons les aspects ésotériques de l’histoire, de la philosophie et de la religion. Comme vous le savez sans doute, des sujets ésotériques tels que la magie, l’alchimie, le mysticisme et la théosophie demeurent parmi les plus intéressants, mais aussi les moins représentés dans les études contemporaines. Quant à la qualité des informations disponibles en ligne, elle est… disons, inégale. Esoterica a pour objectif de proposer du contenu sur ces sujets sous forme de courtes vidéos, s’appuyant sur les meilleures recherches actuelles. J’espère utiliser les outils et les connaissances acquis lors de mes études d’ésotérisme à l’ Université d’Amsterdam pour créer un contenu pertinent sur des sujets qui ont été décriés, ignorés, déformés et qui, même aujourd’hui, restent difficiles à étudier dans un cadre académique. J’espère que vous envisagerez de soutenir mon travail d’exploration de l’ésotérisme, du mystère et de l’ésotérisme.
5. Selon vous les gnostiques ont-ils revendiqués la figure de l’Apôtre Thomas, parti très tôt pour évangéliser l’Orient, à cause de son nom signifiant “jumeau”, pouvant conduire par amalgame à la réhabilitation de Judas Iscariote ?
Il faut distinguer.
Dans les chaines de transmissions gnostiques, Thomas est présenté comme le dépositaire de révélations secrètes confiées par le Christ. L’Évangile selon Thomas commence ainsi : « Voici les paroles cachées que Jésus le Vivant a dites, et qu’a écrites Didyme Jude Thomas. » Les mots didyme (en grec) et t’oma (en araméen) signifient « jumeau » : le nom attribué au rédacteur du texte peut donc être traduit par « Judas le Jumeau ».
Pourtant, si certaines traditions anciennes ont engendré la confusion, il n’existe pas de connexion directe permettant d’établir que la figure de « Judas le Jumeau » eut une quelconque influence sur le rôle de Judas l’Iscariote.
En revanche, certaines sectes comme les Caïnites procédaient bien à une réhabilitation du traître. L’Évangile de Judas le présente comme le seul disciple en possession de la gnose, auquel le Christ aurait confié la tâche de le livrer aux autorités romaines : « Tu vas offrir mon enveloppe charnelle en sacrifice. »
Thomas dit « Judas le Jumeau » et Judas l’Iscariote sont donc deux figures distinctes, présentées dans les milieux judéo-chrétiens des premiers siècles comme des disciples initiés par le Christ.
6. Faites-vous un lien avec le Jumeau de lumière que rencontre Mani à 12 ans en 228, considéré comme son guide et Paraclet Ange gardien ?
Cette thématique gémellaire du « double », qui révèle à l’initié les secrets des mondes, est omniprésente chez les gnostiques. Le Jumeau se présente sous les traits d’une « Nature Parfaite » : la nature primitive, lumineuse, désignée comme le « Moi de splendeur » et figuration de la substance divine de l’âme. On la trouve déjà dans l’Évangile selon Philippe qui circulait probablement au sein des cercles valentiniens. Dans la gnose islamique c’est « l’Ange du philosophe », l’entité spirituelle qui initie le gnostique à la sagesse. On en retrouve la trace jusqu’en Chine dans un fragment manichéen retrouvé à Tourfan : « Salut à toi, avec qui notre âme est identique dès la prime origine 1. »
Tout se passe comme si Mani avait transposé la figure du « jumeau » sur le plan symbolique 2, pour
en faire une sorte d’ange gardien, de double céleste, qui lui aurait transmis la gnose : de même que Thomas « le Jumeau » aurait reçu du Christ un enseignement secret, Mani reçoit sa révélation du « Jumeau céleste », et se présente ensuite comme le Paraclet annoncé par le Christ.
Rappelons que le Paraclet (du grec paraklētos « intercesseur/consolateur/soutien ») a pour fonction de révéler la vérité et de guider les hommes vers le salut. Pour l’Église, le Paraclet n’est autre que le Saint Esprit, inspirateur de vérité, que les Apôtres reçurent à la Pentecôte.
7. Pourquoi le manichéisme est-il souvent présenté comme la grande « Église gnostique » face à l’Église apostolique ?
L’ensemble du mouvement manichéen constitue en quelque sorte le « sommet » de la gnose. En coalisant les innombrables sectes de son époque – issues des premiers courants judéo-chrétiens – Mani parvint à réaliser la prouesse d’inscrire la gnose dans le cadre d’une vie communautaire et monastique, pourvue d’une doctrine unifiée, d’une hiérarchie, d’une liturgie, et d’une formidable capacité d’expansion. Pour cette raison, on parle effectivement d’une « Église gnostique » dont l’influence s’étendra de l’Occident chrétien jusqu’en Asie extrême orientale.
Or, Simon le Magicien se présentait déjà comme la personnification du Saint-Esprit parmi les nations : « C’est lui-même, enseignait-il, qui s’était manifesté parmi les juifs comme Fils, qui était descendu en Samarie comme Père et qui était venu parmi les autres nations comme Esprit Saint [= Paraclet] 3. »
Idem pour Mani : « le Christ, ayant promis à ses disciples de leur envoyer le Paraclet, c’est-à-dire le consolateur ou l’avocat, l’Esprit de vérité, ils [les manichéens] prennent occasion de cette promesse, pour prétendre que ce Paraclet est Manès 4 ».
L’interprétation musulmane classique affirme également que le Paraclet promis par Jésus désigne en réalité Mahomet.
La question initiale à laquelle répondent ces différents protagonistes est donc toujours la même : qui est le dépositaire légitime chargé de sauvegarder et de transmettre la Révélation divine après le Christ ? Simon, Mani, Mahomet ?… Tous ceux-là passent et le monde demeure. Seul le chrétien, qui garde fidèlement les paroles du Seigneur « Je suis le chemin, la vérité et la vie », répond d’une foi vivante qui embrasse les siècles : l’Église de Jésus-Christ assistée par le Saint Esprit.
8. Justement, peut-on faire une analogie entre la vision chrétienne du Salut par la Foi et les actes associés au Bon Dieu d’une part, et d’autre part le Salut par la Connaissance appelée Délivrance par René Guénon, présentant la Création telle une prison ?
Il y a bien entendu une opposition irréductible entre ces deux conceptions du salut. C’est l’esprit humain contre l’Église ; la révolution contre la Révélation ; la gnose contre la Foi.
L’une rejette le corps, professe une désindividuation, une déification transpersonnelle dans laquelle l’homme se sauve lui-même « en fuyant » la matière, pour se fondre dans le GrandTout (qui n’est rien d’autre que le Néant). L’autre assume le corps, professe l’intégrité de l’individu, sauvé par un Autre « à travers » la matière, dans une déification personnelle qui le porte jusqu’au Ciel dans un degré ultime de perfection.
L’option naturaliste de l’annihilation marque bien l’horizon indépassable qu’oppose depuis toujours la sotériologie gnostique à l’espérance chrétienne.
9. Voyez-vous l’idéologie en vogue en Silicon Valley, parfois avec religiosité, nous plaçant dans une simulation comme une héritière d’une forme de gnosticisme ?
Il me semble difficile d’établir une filiation directe. Néanmoins, l’analogie est indéniable. Posons le problème. Nick Bostrom soutient que l’une de ces trois propositions doit être vraie :
- Nous n’atteindrons jamais le stade posthumain permettant de créer des simulations réalistes capables d’intégrer des « êtres conscients ».
- Les civilisations posthumaines atteignant ce stade ne créeront probablement jamais de telles simulations.
- Si les deux premières propositions sont fausses, alors nous sommes probablement nous-mêmes dans une simulation.
Le simulateur hypothétique de cette théorie est mis en rapport avec les conceptions traditionnelles des dieux : une intelligence très supérieure pourrait avoir accès aux « règles » de notre réalité dans laquelle elle pourrait intervenir. Et Bostrom va plus loin, en postulant qu’une telle intelligence pourrait elle-même vivre dans une simulation, créée par des êtres d’un niveau supérieur, et ainsi de suite… Les simulateurs ne seraient donc pas omnipotents comme le Dieu biblique, mais s’apparenteraient plutôt à des intermédiaires.
On reste frappé par les similitudes qui rapprochent cette théorie techno-scientifique des problématiques posées par la théogonie gnostique. Les simulateurs – « imbriqués » les uns dans les autres au sein d’une grande série d’intelligences hiérarchisées – rappellent les éons de la gnose, ces différents plans de manifestation dominés par les archontes que l’initié
doit franchir pour parvenir jusqu’au Plérôme, sommet de la délivrance.
Questionné sur des liens éventuels entre son hypothèse et le phénomène religieux, Nick Bostrom répond qu’on pourrait y voir « une manière d’aborder des questions traditionnellement traitées dans un contexte théologique. » Il reconnait qu’en poussant la philosophie matérialiste à ses justes conséquences – et notamment l’hypothèse de la simulation – on
arrive à « une conception bien plus proche des conceptions théologiques traditionnelles 5. »
Un article académique paru en 2024 dans la revue Sophia, intitulé Parallèles religieux avec l’hypothèse de la simulation, met nettement en rapport ces deux aspects, soulignant que « son hypothèse présente des parallèles frappants avec les cosmogonies du gnosticisme et du néoplatonisme 6. »
Le point est en effet incontestable : ce que la gnose conçoit dans le domaine spirituel, l’hypothèse de la simulation le projette dans le champ de la « tech » comme une probabilité épistémologique.
Ou encore que Musk se sent proche du cosmisme russe…
10. Vous avez récemment proposé un nouveau format sur votre chaîne ExoChrist dans lequel vous êtes revenu sur les affirmations d’Arcana quant à la gnose dite chrétienne…
Le problème d’une prétendue « gnose chrétienne » est central ; c’est tout l’objet de la première partie du livre. Il n’y a pas de connaissance secrète confiée par le Christ à quelques-uns. Il existe des traditions parallèles à la Grande Église – l’Église catholique romaine, qui tire son origine du Christ par l’intermédiaire des Apôtres, puis des Evêques et des Pères – et
c’est dans ces traditions parallèles qu’on trouve une connaissance secrète répandue dès l’âge apostolique et transmise par la suite au cours des siècles. Il est donc essentiel de démêler le vrai du faux concernant l’origine et la conservation du dépôt de la Foi.
Les belles formules et les concepts alambiqués ne doivent pas faire illusion : tout l’enjeu est de se réapproprier la figure du Christ pour l’inclure dans une doctrine nouvelle et opposée à l’enseignement constant de l’Église. Les gnostiques, anciens et modernes, sont très habiles dans l’art de convoquer des auteurs (souvent partiellement hétérodoxes) – comme Clément d’Alexandrie ou Origène – d’interpréter leurs textes dans un sens inédit, et de parer ainsi leurs propres spéculations des habits chrétiens en se réappropriant faussement de grandes autorités. De cette manière, ils parviennent aisément à pénétrer les milieux catholiques.
D’où cette réfutation de la vidéo d’Arcana concernant les origines d’une « pseudo-gnose chrétienne ». Ce genre de présentation foisonne aujourd’hui et les contresens historiques y sont légion. Pourtant l’axiome fondamental est toujours le même : « l’Église catholique vous a menti, le vrai christianisme est ailleurs. »
Malgré les efforts continus, fournis au siècle dernier par des générations de clercs et de laïcs, visant à mettre les catholiques en garde contre les infiltrations toujours renouvelées des contenus ésotériques, il semble que cet amalgame (savamment entretenu) entre une gnose dite « chrétienne » et « l’hérésie qu’elle sous-tend » soit toujours au programme… y
compris dans les milieux de la tradition.
Il nous faut donc rendre hommage, humblement, à ceux qui nous ont précédé dans le combat, qui ont su lire entre les lignes pour percevoir l’enjeu qui se tenait derrière l’étude de ces problèmes. Travaillant patiemment, y consacrant parfois leur vie, ils furent les héritiers d’une chaîne ininterrompue dont la chronique témoigne des origines profondes de cette bataille spirituelle, et consacre, aujourd’hui encore, l’effort et l’espérance de la pensée catholique contrerévolutionnaire.
C’est leur mémoire que nous louons. C’est dans leurs pas que nous marchons.
Per Crucem ad Lucem.
1 – Édouard Chavannes et Paul Peillot, Un traité manichéen retrouvé en Chine, Journal asiatique, 1911, pp. 529-561
2 – Quant à l’origine exacte de cette adaptation, rien n’est moins sûr. Nous savons que Patik, le père de Mani, appartenait à la secte gnostique des disciples d’Elkasaï. Pour autant, aucune source n’atteste d’une quelconque circulation des écrits thoma-
siens dans les cercles elkasaïtes. Il est cependant tout à fait possible que Mani en ait eu connaissance par le biais d’une source externe. Il est possible aussi que le récit de sa révélation soit une pure invention, fruit de son imagination ou d’une influence
démoniaque.
3 – Irénée de Lyon, Contre les hérésies, I, 23, 1
4 – Augustin d’Hippone, Contre Faust, XIII, 17
5 – https://www.forbes.com/sites/pialauritzen/2024/06/24/qa-with-nick-bostrom-who-is-in-charge-of-the-big-picture-questions
6 – Ian Huyett, « Religious Parallels to the Simulation Hypothesis: Gnosticism, Mormonism, and Neoplatonism », paru dans la revue Sophia, International Journal of Philosophy and Traditions, n°63, 2024, pp. 239–257