VI. Les « Maîtres » de René Guénon – La confirmation maçonnique

Cette dernière partie est tirée du chapitre Les « Maîtres » de René Guénon, extrait de l’ouvrage Ésotérisme et christianisme autour de René Guénon que nous avons choisi de présenter en six articles. Cette thèse soutenue en 1981 par Marie-France James, docteur ès lettres, rassemble tant d’informations qu’il nous a paru évident de les schématiser.

Depuis le début de ce chapitre consacré aux influences maîtresses exercées sur l’œuvre de Guénon, nous avons souvent fait allusion à l’influence première des milieux maçonniques-occultistes et surtout d’une filiale du Groupe indépendant d’études ésotériques : l’Ecole Hermétique, inspirée du Martinisme de Papus.

Un résumé des péripéties guénoniennes pour la période qui de 1906 à 1909 nous servira donc d’introduction à la confirmation maçonnique de Guénon au Rite écossais ancien et accepté, dans le cadre de la Grande Loge de France en 1912. En effet, nous employons le terme « confirmation » et non celui de « régularisation » puisqu’il demeure que la Grande Loge Unie d’Angleterre, qui représente l’orthodoxie maçonnique avec sa profession de foi dans le Dieu de la Bible et l’immortalité de l’âme, ne reconnaît pas, de manière officielle 72, le Rite écossais ancien et accepté, entaché d’illuminisme et d’occultisme.

À la suite de son échec au collège Rollin qui lui barre la route de Polytechnique et de l’École Normale Supérieure, Gué­non délaisse donc les études proprement académiques au profit des doctrines néo-spiritualistes inspirées d’un gnostico-occul­tisme très en vogue en ce début de XXème siècle.

Introduit par un ami à l’École Hermétique située au 13 rue Séguier, de 1906 au début de 1909, Guénon suit les cours dispensés quatre fois par semaine par les professeurs Papus, Barlet, Sédir, Phaneg etc., et se fait admettre dans toutes les organisations connexes. Au premier chef, l’ordre Martiniste qui, à en dire son fondateur, était « une Chevalerie Chrétienne respectant la liberté intellectuelle et morale de tous ses membres et donnait à ceux-ci une instruction élevée sur le symbolisme, l’illuminisme et leurs adaptations » 73. Après avoir satisfait aux deux premiers degrés, Phaneg, de son vrai nom Georges Descormiers, le fait Supérieur Inconnu 74. Guénon prend alors connaissance des cahiers de l’ordre et rédige un petit journal, en tant qu’initié, d’une charte de délégué général pour sa région natale le Loir-et-Cher. Et les événements s’enchaînent : ce même ami se fait recevoir dans deux obédiences maçonniques en relation d’amitié avec l’ordre Martiniste : la Loge symbolique Humanidad n° 240 du Rite national espagnol, avec pour vénérable Charles Detré dit Teder, et le Chapitre et Temple INRI du Rite primitif et originel swedenborgien ; dans cette dernière, il reçoit de Théodore Reuss, Grand-Maître du Grand-Orient et Souverain Sanctuaire de l’Empire d’Allemagne, le cordon de soie noire du Kadosh, qui l’apparente au 30e degré de la Maçonnerie écossaise 75.

René Guénon : des milieux occultistes à la confirmation maçonnique
René Guénon : des milieux occultistes à la confirmation maçonnique

Déjà familiarisé avec les doctrines hindoues par le biais des commentaires hautement spiritualistes de Çankara sur le Vêdanta, Guénon ne tarde pas à juger hétérogène et noyé dans des conceptions modernes l’enseignement reçu à l’École Hermétique. Pour échapper à ce qu’il juge comme un faux spiritualisme incohérent et dépourvu de base traditionnelle, spiritualisme trop étroitement « occidental » et, au demeurant, influencé par les idées qui ont cours dans la Société théosophique de Madame H.P. Blavatsky, Guénon songe alors à grouper dans une nouvelle Loge dite « Melchissédec » — figure du « Roi du Monde » et symbole-type de la tradition primordiale — les membres les plus intéressants des organisations affiliées.

Or… au début de 1908, lors même qu’un groupe de l’ordre Martiniste, réuni dans un hôtel au 17 rue des Canettes, s’exerçait à obtenir certaines communications spirite par « écriture directe », on reçut l’ordre d’y amener Guénon. Par la suite, tantôt rue des Canettes, tantôt rue Saint-Louis en l’Île, l’ « entité » enjoignit au groupe de fonder un « Ordre du Temple » dont Guénon serait le chef.

C’est dans cette ambiance que Guénon aborda le Congrès spiritualiste et maçonnique de 1908 ; congrès inauguré un dimanche de Pentecôte, qui se déroula du 7 au 10 juin dans la grande salle des Sociétés savantes — et dont Les infiltrations maçonniques dans l’Église (1910) nous résument succinctement les objectifs :

Réaliser, sous le prétexte de réaction contre le matérialisme, une fédération des différentes sectes, Gnostiques, Théosophes, Kabbalistes, dont les doctrines de l’occultisme forment le fond commun ; puis, à la faveur de ce groupement, entreprendre une restauration de la Franc-Maçonnerie déchue de son véritable esprit par suite de ses entraînements politiques. 76

Muni de ses grades qui allaient bientôt être mués en 90ᵉ du Rite de Memphis-Misraïm 77, Guénon se proposait d’officier comme secrétaire du Congrès. À sa place sur l’estrade d’honneur, il s’en retire, choqué par une phrase prononcée par Papus dans son discours d’ouverture : « Les sociétés futures seront transformées par la certitude de deux vérités fondamentales du spiritualisme : la survivance et la réincarnation. » 78. Chacun rapporte que cet incident marqua la fin de la participation de Guénon au dit Congrès 79. Officiellement soit, mais il faut éviter de déduire de ce désaccord partiel une désolidarisation de Guénon face à l’esprit même et aux objectifs prônés lors de ce rassemblement. Au contraire, l’analyse rétrospective de l’œuvre guénonienne nous la révèle comme véritable projection des Akbariyyah tout autant que de l’initiative martiniste : le Congrès spiritualiste et maçonnique de 1908.

Tel Douguine Guénon aura changé… de couverture ⤵️

Faute de pouvoir consulter le compte rendu de ce Congrès — document rare et rendu pratiquement inaccessible par le fait que son tirage a été limité aux souscripteurs — nous devons à nouveau nous reporter à l’étude de l’abbé Emmanuel Barbier qui insiste, au premier chef, sur l’importance que les doctrines du néo-spiritualisme attachent à « paraître en règle » avec le christianisme. Commentant la partie du compte rendu consacrée au Couvent maçonnique des rites spiritualistes, tenu conjointement au Congrès, notre abbé citera au passage quelques propos tenus par Papus dans ce nouveau discours d’ouverture appelant une épuration, un retour aux sources de la Franc-maçonnerie « vénérable institution qui a été accaparée en France par des ignorants de l’hermétisme et de ses enseignements, qui ont méconnu les enseignements traditionnels, détruit le symbolisme et tripatouillé les Rituels pour transformer en association politique l’antique institution initiatique ».

Quant au discours de clôture prononcé par Téder, dont le compte rendu stipule qu’il ne saurait être publié intégralement… — « car, si tout peut être dit quand le Temple est couvert, tout ne peut être rapporté au dehors » — il est intéressant d’extraire des quelques bribes publiées, ce qui suit :

Il y a, en Maçonnerie comme en religion, un exotérisme et un ésotérisme à l’étude desquels chacun de nous doit s’appliquer, s’il veut arriver à la découverte de la vérité éparpillée dans la diversité des cultes, des écoles, des classes, des degrés, et qui devient Une pour celui qui après avoir passé les dehors, est devenu capable d’embrasser d’un coup d’œil tout ce qui se rattache au gouvernement du monde. (…) Étant le lien invisible qui unit entre elles toutes les religions et toutes les politiques, la Franc-Maçonnerie Universelle est spiritualiste dans son essence (…) le trait d’union invisible entre les cultes du monde. 80

Mis à part le fait que Guénon ne consentira jamais à octroyer un quelconque dimension ésotérique aux religions proprement dites, il n’en demeure pas moins qu’on ne saurait dire que l’oeuvre guénonienne renie l’esprit de cette Maçonnerie qui se veut spiritualiste et universelle. Au contraire, elle s’y inscrit… avec des nuances légitimées par l’inévitable originalité attachée à toute son oeuvre.

Entre temps, de 1908 à 1911, Guénon qui se prétend « templier réincarné » 81 poursuit sa tentative de rénovation de l’ordre du Temple. Rénovation due à … l’initiative première d’une « entité » qui a nom Jacques de Molay, suivi de Weishaupt et de Cagliostro. On rapporte que l’esprit des « communications » reçues par « écriture automatique » avec le martiniste Desjobert comme medium, était tout à fait dans la ligne de la vengeance templière — à l’endroit de la Papauté et de la Monarchie — qui fait l’objet de plusieurs hauts grades de la Maçonnerie écossaise. Ce mélange d’illuminisme révolutionnaire à la Weishaupt, de spiritisme et d’écossisme se réclamant des Templiers et de Supérieurs Inconnus, donnent à penser que Guénon était loin d’être stabilisé, sinon en ses fondements métaphysiques… du moins au plan tactique. Cette opération, fomentée à l’encontre du courant papusien, sera d’ailleurs tôt démasquée en avril 1909 et Guénon, accusé de vouloir s’emparer de la direction occulte du Martinisme et de la Maçonnerie spiritualiste. Amplifiant l’accusation, on ira même jusqu’à induire son affiliation à un Tiers ordre romain ! Malgré une riposte on ne peut plus claire sur ce dernier point :

(…) Un autre reproche qui nous cause le plus profond étonnement, c’est celui d’être les auxiliaires du cléricalisme, ou même des cléricaux déguisés ; nous ne nous en serions jamais doutés, nous qui ne comptons plus les excommunications lancées contre nous par la Sainte Église Romaine, ce dont nous nous faisons gloire d’ailleurs. C’est contre nous que les cléricaux répandent chaque jour les pires calomnies, qu’ils rééditent sans cesse les fantasmatiques récits propagés jadis par cette colossale fumisterie que fut « Le Diable au XIXème siècle » toutes choses qui nous sont du reste parfaitement indifférentes ; de telles attaques ne valent pas qu’on leur fasse l’honneur d’un réponse. Ceux qui défendent ici des cléricaux, ce sont ceux qui, par leurs procédés peu fraternels, s’efforcent de semer la discorde au sein de la Maçonnerie. 82

Guénon se verra exclu 83 des Loges affiliées et de l’École Hermétique, marquant ainsi, par sa rupture avec le courant proprement papusien, la fin d’une période (1906-1909) et l’amorce d’une nouvelle, sa direction de La Gnose (1909-1912). Mais l’« Ordre du Temple rénové » n’en poursuivra pas moins ses « évocations » et activités jusqu’à la fin de 1911 où Guénon proclamera alors, « sur l’ordre des Maîtres » 84, la dissolution de l’ordre du Temple. Par la suite, l’expérience templière constituera une de ces choses dont Guénon ne parlera jamais le premier… s’employant même à contourner les questions que lui poseront à ce propos ses futurs proches collaborateurs.

Radié des Loges affiliées au Martinisme de Papus – Loges se réclamant en fait sinon en droit du Rite écossais ancien et accepté – dès 1910, Guénon s’intéresse aux travaux d’une Loge spiritualiste désormais reconnue, la Loge Thebah, fille de la Grande Loge de France, elle-même rattachée au Rite écossais ancien et accepté. C’est ainsi que, au cours des années 1910 et 1911, sous la signature de Palingénius, il consacrera quatre articles à la Franc-maçonnerie dans la revue La Gnose : La gnose et la Franc-Maçonnerie (mars 1910), L’orthodoxie maçonnique (avril 1910), Les hauts grades maçonniques (mai 1910), À propos du Grand Architecte de l’Univers (juillet et août 1911) où il expose ses vues fondamentales sur la question.

En 1912, lors même que notre ami a tourné la page de la rénovation de l’ordre du Temple, de son épiscopat gnostique et de la revue La Gnose suspendue depuis février 1912, conjointement à son initiation au soufisme et à son mariage catholique avec l’institutrice Berthe Loury, Guénon est confirmé Maçon au Rite écossais ancien et accepté par le truchement de la Loge Thebah. En janvier 1913, Le Symbolisme, revue-type de la Maçonnerie spiritualiste, fondée et dirigée par Oswald Wirth, publie une conférence de Guénon prononcée quelques mois plus tôt sur le thème de L’enseignement initiatique, avec ses Aperçus sur l’Initiation qui convaincront leurs lecteurs, tel un Maçon « orthodoxe » comme Jean Baylot, de la Grande Loge Nationale Française, du lien spirituel rattachant Guénon à la Franc-maçonnerie.

Néanmoins, dès 1916 — époque de ses premiers contacts avec le milieu de l’Institut catholique de Paris — Guénon suspendra définitivement sa participation active aux travaux de sa Loge ; travaux qu’il avait par ailleurs menés de front avec sa collaboration à La France chrétienne antimaçonnique (1913-1914), sous le pseudonyme du « Sphinx ». Cette suspension n’a pas à être perçue comme une « rupture » mais plutôt en fonction d’un aménagement prioritaire du temps et d’une organisation tactique de l’action de Guénon ; une action qui ne visait à rien de moins qu’à amener le catholicisme à cautionner une élite appelée à retrouver, à partir d’une perspective qu’il faut bien reconnaître comme foncièrement syncrétique, la source unique perdue… la véritable Connaissance métaphysique, d’essence gnostique. C’est ainsi que, jusqu’au début des années 30, Guénon s’abstiendra de traiter de manière directe et ouverte de la Franc-maçonnerie, se limitant à en déplorer la « dégénérescence » et à dénoncer les « influences anti-traditionnelles » dont elle est victime en son sein même.

Le refus marqué des milieux catholiques à l’endroit des théories guénoniennes concourra, pour une part, à amener notre ami à émigrer au Caire. À travers ses livres et par le biais d’une volumineuse correspondance, Guénon n’en poursuivra pas moins sa tâche de conscientisation pour la levée d’une élite occidentale se réclamant à la fois de la métaphysique orientale dite « universelle » et du catholicisme, perçus comme identiques en leur fond même. Mais, étape nouvelle, à partir de 1932 par le biais de ses articles publiés dans les Études traditionnelles, Guénon verra l’opportunité de lever le discrédit maçonnique et d’amener graduellement ses lecteurs à l’idée de s’en référer à la Franc-maçonnerie et au Compagnonnage, comme aux deux voies initiatiques les plus accessibles en Occident.

Sur l’initiative de Guénon, sera même créée à Paris, en 1947, dans le cadre du Rite écossais ancien et accepté, la Loge « La Grande Triade » qui poursuit ses activités depuis. Appuyée sur une profession de foi guénonienne, cette Loge s’est vouée à la restauration de la Maçonnerie intégralement traditionnelle. C’est ainsi que certains, et non des moindres, seront amenés à considérer que « l’œuvre guénonienne demeure essentielle à l’intelligence maçonnique du présent et de l’avenir » 85.

René Guénon : de l’Ordre du Temple rénové à la confirmation au REAA
René Guénon : de l’Ordre du Temple rénové à la confirmation au REAA

Marie-France JAMES

Cinquième partie : l’empreinte soufie

72 – Un problème difficile, complexe, qui appellerait de subtiles nuances qu’il ne nous appartient pas de développer dans le cadre de la présente étude. Au besoin cf. Mellor, A., La Franc-Maçonnerie à l’heure du choix où le Rite Écossais (et donc la Grande Loge de France) ne trouve pas sa place ni dans la Franc-maçonnerie régulière ni dans la Franc-maçonnerie irrégulière, mais où il est qualifié d’« atypique » — ce qui ne résout en rien le problème.

73 – Papus, « L’occultisme et son état actuel », L’Initiation, mai 1907 ; rapporté in Chacornac, P., op. cit., p. 31-32.

L’abbé Barbier considérera, pour sa part, que le Martinisme de Papus « est peut-être la force la plus dangereuse et la plus redoutable de l’ordre maçonnique. » Barbier, E., Les infiltrations maçonniques dans l’Église, p. 47.

74 – Dénominatif de l’un des degrés de l’ordre Martiniste.

75 – « Le grade de Chevalier Kadosch est le 30e de la série écossaise, et aussi, pratiquement, le grade suprême, ceux qui suivent n’étant que des grades ‘administratifs’. Son étude s’avère donc importante.

Son symbolisme philosophique réside essentiellement en un rite consistant à gravir une échelle mystérieuse, dont les sept marches signifient les sept arts libéraux Nec plus ultra. L’échelon ultime indique que le récipiendaire est parvenu au faîte de l’initiation maçonnique. Ce rite et quelques autres, d’un allégorisme désuet et simpliste, n’est pas le centre d’intérêt du grade. Celui-ci réside dans son caractère de grade de vengeance. L’Ambition, l’Ignorance et le Fanatisme, tels sont les trois infâmes ennemis de l’Ordre, à combattre sans trêve ni relâche, tel est dit au candidat. L’insigne du grade est un poignard, et le mot sacré Nekam (en hébreu, Vengeance). La vengeance dont il s’agit est, symboliquement, celle de l’Ordre des Templiers à raison de l’assassinat de leur grand maître Jacques de Molay par ‘deux Abominables’, à savoir Clément V et Philippe Le Bel. (…) L’un incarne le despotisme spirituel, l’autre la tyrannie temporelle. Le grand maître martyr symbolise la liberté humaine, dans sa dignité et sa grandeur. Le récipiendaire jure de le venger et déclare fouler aux pieds ‘la tiare pontificale et la couronne royale’. (…) D’où vient ce grade de haine et qui en fut l’inventeur ? Là commence le plus obscur des obscurs. »
Mellor, A., La Franc-Maçonnerie à l’heure du choix, p. 357-358.

76 – Barbier, E., op. cit., p. 145-146.

77 – « A la suite [du Congrès spiritualiste et maçonnique de 1908] fut créé, dans le Temple du Rite mixte du Droit Humain, un Souverain Grand-Conseil du Rite de Memphis-Misraïm pour la France et ses dépendances. La patente constitutive fut délivrée par le Souverain Sanctuaire d’Allemagne, signée et scellée le 24 juin, à Berlin, par le Grand-Maître Théodore Reuss (Peregrinos) qui assistait au Congrès. La loge Humanidad, précédemment rattachée au Rite Espagnol, devint Loge-Mère pour le Rite de Memphis-Misraïm. Ajoutons que Guénon fut pourvu d’une patente de 30°-90° ». Chacornac, P., op. cit., p. 33.

78 – Rapporté in Ibid.

79 – Il demeure que Guénon fut missionné pour piloter les congressistes à la cathédrale Notre-Dame et pour en commenter le symbolisme. Cf. Baylot, J., « Guénon maçon ? », in numéro spécial « L’homme et son message, René Guénon », Planète Plus, avril 1970, p. 122.

80 – Rapporté in Barbier, E., op. cit., p. 159-160.

82 – Document confidentiel inédit.

81 – Desjobert, J., Guénon, R., Blanchard, V., Lettre ouverte aux Francs-Maçons, 22 février 1909, in « Les Contrefacteurs de la Maçonnerie, L’Acacia, mars 1909, p. 209.

83 – « À la vérité, la cohabitation de deux esprits exceptionnels, Papus et Guénon, n’était plus possible. Il s’ouvrait un conflit de génération. L’exclusion fut la forme prise par une séparation devenue inéluctable. ». Avec le recul, il n’en reste rien à porter au débit de quiconque. Pour Guénon, ce fut le signe d’un essor personnel. Une seconde étape de sa carrière maçonnique sera vécue à la Grande Loge de France. »
Baylot, J., op. cit.

84 – Document confidentiel inédit.

85 – Baylot, J., op. cit., p. 121.

« Bien que Guénon se soit surtout consacré à l’exposition des doctrines orientales, il a souvent, dans ses articles et dans ses livres, remis en lumière, voire même expliqué pour la première fois, les principaux symboles maçonniques. » Hutin, S., Les francs-maçons, p. 177.

Néanmoins, l’ensemble de la Franc-maçonnerie régulière ne se montre pas unanime à endosser de tels verdicts : « Son hypothèse d’une prétendue Tradition primordiale n’a rien d’original, en dépit du pédantisme avec lequel certains guénoniens l’ont présentée. C’est l’Âge d’or des cosmogonies antiques. Du point de vue de la terminologie maçonnique (et aussi non-maçonnique), elle a brouillé fâcheusement la signification des mots tradition et traditionnel, en leur donnant un sens totalement détourné. Du point de vue philosophique, elle est une pure vue de l’esprit. Du point de vue historique, l’hypothèse demeure indémontrée et même contredite par les sciences de l’homme. Du point de vue religieux, elle est un contre-sens sur la Révélation primitive et la Chute.

Aussi, du point de vue maçonnique, beaucoup pensent que le Guénonisme a été une intrusion, aggravée par le dogmatisme de tels guénoniens qui ont même qualifié de « contre-initiation » toute pensée rebelle, et voué frénétiquement les hérétiques aux poignards — symboliques ! — des Kadoschs. Il a laissé de profondes blessures. »

Mellor, A., « René Guénon » in Dictionnaire de la Franc-Maçonnerie et des Francs-Maçons.

Cf. aussi Naudon, P., La Franc-Maçonnerie et le Divin, p. 67.

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