II.13.iii Age de la Déraison – Loges d’Écosse

Devenez complotiste avec le Volume IIChapitre 13 – Partie iii de l’incroyable Ordo ab Chao de l’auteur canadien David Livingstone, qui depuis 30 ans dévoile les coulisses de l’Histoire que nous publions pour la première fois en français.

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Le jeune prétendant, Charles Edward Stewart (1720 – 1788), connu sous le nom de Bonnie Prince Charlie, petit-fils de James II et VII, et le Jacobite prétendant au trône. Bonnie Prince Charlie était apparentée à Jacob Frank par la famille Sobieski.

C’est principalement en France, où d’abord en tant que loges d’expatriés et de Jacobites exilés dans les années 1720, que la maçonnerie s’affilie à nouveau aux Stuart. La cause jacobite alléguait qu’une loge maçonnique avait été fondée en Écosse, au début du XVIIIe siècle, qui tirait sa charte d’un chapitre templier survivant à Bristol, déjà en activité depuis plusieurs centaines d’années. Il a été soutenu que pendant les Croisades, un petit groupe de chrétiens syriaques, qui revendiquaient leur retour aux Esséniens (vraisemblablement les Sabiens de Harran), ont été sauvés des musulmans par les Templiers. Lorsqu’ils ont quitté Jérusalem, ces chrétiens gnostiques se sont finalement installés en Écosse et ont fondé un nouveau chapitre de l’Ordre des Templiers, qui a ensuite fusionné avec une loge de la Franc-maçonnerie 1.

Au XVIIe siècle, l’intérêt pour le templiarisme devient politique après l’exécution de Charles Ier, avec l’idée que les partisans de Stuart inventent un diplôme templier, car la mort du roi doit être vengée, tout comme la mort violente en 1314 de Jacques de Molay, dernier grand maître des templiers 2. L’histoire racontée par Dom Calmet (1672 – 1757) est que le vicomte Dundee (1648 – 1689) aurait été un des premiers grands maîtres templiers et serait tombé à Killiecrankie, lors du premier soulèvement jacobite, portant la Grand-Croix de l’Ordre 3. John Erskine, comte de Mar (1675 – 1732), un chef jacobite bien connu, qui est devenu comte en 1689, l’année de Killiecrankie, aurait alors occupé une fonction dans l’ordre des Templiers. Erskine a participé à une révolte manquée en 1715, après quoi il a perdu ses biens et s’est exilé avec Jacques II à Rome. En 1721, il est nommé ambassadeur des Stuart en France.

Afer Erksine, l’Ordre des Templiers fut apparemment inactif jusqu’à sa renaissance en 1745 par le jeune prétendant, Charles Edward Stewart (1720 – 1788), connu sous le nom de Bonnie Prince Charlie, le petit-fils de James II et VII, et le Jacobite prétendant au trône 4. Le prince Charlie était apparenté à Jacob Frank par la famille Sobieski 5, sa mère étant la princesse Maria Klementyna Sobieska, petite-fille du roi de Pologne et grand-duc de Lituanie, Jean III Sobieski. Son frère, Henry Benedict Stuart, le cardinal York (1725 – 1807), quatrième et dernier héritier jacobite à revendiquer publiquement les trônes d’Angleterre, d’Écosse, de France et d’Irlande, était un grand partisan des Frankistes, tout comme les Jésuites 6. Contrairement à son frère et à son père, James Francis Edward Stuart, Henry ne fit aucun effort pour s’emparer du trône. Après la mort de Charles en janvier 1788, la papauté ne reconnut pas Henri comme le souverain légitime de l’Angleterre, de l’Écosse et de l’Irlande, mais l’appela le Cardinal Duc d’York.

Le tuteur de Bonnie Prince Charlie était Andrew Michael Ramsay, un ami proche de John Erskine, et l’un des deux maçons responsables de la propagation de la franc-maçonnerie des Écossais en France. De la France et de l’Angleterre, la franc-maçonnerie s’est répandue dans la majeure partie de l’Europe continentale au cours du XVIIIe siècle. En parlant des hauts degrés maçonniques du XVIIIe siècle, il convient de faire la distinction entre ce qu’on appelle les degrés templiers, d’une part, et les degrés écossais, d’autre part. Ces deux types de hauts degrés sont les degrés les plus caractéristiques de la franc-maçonnerie du XVIIIe siècle. La plus ancienne référence à l’Écossais ou à la Maçonnerie écossaise en Angleterre est une « Scots Masters Lodge », qui se tient à la Devil’s Tavern, Temple Bar, Londres, en . Les diplômes d’Écossais concernent principalement la construction d’un nouveau Temple, tandis que les diplômes de Templiers sont entrés dans la légende selon laquelle la franc-maçonnerie était dérivée des Templiers 7.

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Philippe, duc d’Orléans (1640 – 1701)

La première personne à présenter cette théorie de la survie fut Ramsay, un autre partisan de la cause jacobite ainsi qu’un membre de la Royal Society, vivant alors comme expatrié à Paris. Jeune homme, Ramsay a rejoint une société quasi-rosicrucienne appelée les Philadelphiens, et a étudié avec un ami proche d’Isaac Newton. Il s’associe plus tard avec d’autres amis de Newton, dont John Desaguliers (1683 – 1744), philosophe naturel, ecclésiastique, ingénieur et franc-maçon britannique, qui est élu à la Royal Society en 1714 en tant qu’assistant expérimental de Newton. Il était également un ami particulièrement proche de David Hume. Pendant son séjour en France, Ramsay s’était lié d’amitié avec le Régent de France, Philippe, Duc d’Orléans (1640 – 1701), fils du Roi Louis XIII de France et d’Anna d’Autriche. Bien que notoirement homosexuel, Philippe épousa Elizabeth Charlotte, princesse palatine, petite-fille de Frédéric V du Palatinat et d’Elizabeth Stuart, fondant ainsi la Maison d’Orléans, une branche cadette de la Maison de Bourbon. Comme l’explique Joscelyn Godwin dans Les Lumières théosophiques, « toute la famille d’Orléans, depuis l’arrière-grand-père de Philippe, le Régent, était notoirement impliquée dans les arts noirs » 8. En 1715, Philippe, qui était Grand Maître de l’Ordre néo-chavalier de Saint-Lazare, institué pendant les Croisades comme corps d’Hospitaliers, a intronisé Ramsay dans. Dès lors, Ramsay sera connu sous le nom de « Chevalier ».

Ramsay était l’orateur de la loge du Louis d’Argent, dont le vénérable maître était Charles Radclyffe (1693 – 1746), cousin de Bonnie Prince Charlie. Radclyffe était le plus jeune fils d’Edward Radclyffe, 2e comte de Derwentwater et de Lady Mary Tudor, fille illégitime de Charles II par sa maîtresse, Moll Davies 9. Parmi les exilés jacobites vivant en France, on trouve Radclyffe, qui aurait fondé en 1725 une loge à Paris, la première loge maçonnique hors d’Angleterre. Alors que la franc-maçonnerie anglaise offrait trois degrés d’initiation qui devinrent universels dans tout l’ordre vers 1730, Radclyffe, qui fut finalement reconnu grand maître de toutes les loges françaises, devint responsable de la promulgation de la franc-maçonnerie Écossaise, qui introduisit des degrés supérieurs.

En 1737, Ramsay rédigea le sien : Discourse pronounced at the reception of Freemasons by Monsieur de Ramsay, Grand Orator of the Order, qui a servi de base aux revendications des francs-maçons d’un héritage templier, lorsqu’il a affirmé que la franc-maçonnerie avait débuté chez les chevaliers croisés et qu’ils s’étaient constitués en loges de Saint-Jean. Au moment des dernières Croisades, de nombreuses Loges avaient déjà été érigées en Allemagne, en Italie, en Espagne, en France et, de là, en Écosse. James Stewart, 5e Haut Intendant d’Écosse (vers 1260 – 1309) était maître d’une Loge à Kilwinning, et recevait dans sa Loge les Francs-maçons les Comtes de Gloucester et d’Ulster, l’un anglais, l’autre irlandais. Finalement, explique Ramsay, leurs loges et leurs rites ont été négligés, et on ne s’en souvient plus qu’en Grande-Bretagne. Néanmoins, ils ont été préservés par des Écossais qui avaient reçu le patronage et la protection des Rois de France.

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La bataille de Culloden entre les Jacobites et les « Manteaux rouges »

Il est souvent rapporté à tort que Ramsay a mentionné les Templiers dans son oraison. Pourtant, les auditeurs perspicaces auraient compris que la mention des « chevaliers croisés » était une référence indirecte aux Templiers, dont le souvenir était encore controversé en France. Par conséquent, lorsque Ramsay envoya une copie au cardinal Fleury, demandant une bénédiction de l’Église sur les principes de la franc-maçonnerie, l’allusion évidente aux Templiers hérétiques amena le cardinal Fleury à répondre par une interdiction de toute réunion maçonnique, et a pu conduire à la mise en accusation de l’organisation par le pape un an plus tard 10.

La paternité en degrés hautement christianisés au sein d’un ordre spécial de la franc-maçonnerie, le Royal Order of Heredom of Kilwinning 11. En 1741, Swedenborg et ses collègues maçons de Londres ont assimilé les pratiques sexuelles des Sabbatéens en degrés hautement christianisés au sein de l’ordre d’Heredom 12. Marsha Keith Schuchard affirme que Swedenborg a également poursuivi une carrière active d’espion jacobite pour le compte du gouvernement suédois, qu’il était franc-maçon et qu’il utilisait des réseaux maçonniques secrets pour relayer des renseignements en Suède et pour entreprendre d’autres missions secrètes.

L’Ordre d’Heredom prétend avoir été fondé par Robert le Bruce, après la bataille de Bannockburn, pour protéger les Templiers qui s’étaient enfuis en Écosse. Comme l’explique Schuchard, la croyance kabbalistique selon laquelle la bonne exécution des rites sexuels kabbalistiques reconstruit le Temple et manifeste la Shekhinah entre les chérubins conjoints était particulièrement attrayante pour les initiés de l’Ordre. L’un des chefs de file de ce rite, l’artiste et graveur français Lambert de Lintot, a produit une série de dessins hiéroglyphiques, comprenant des symboles phalliques et vaginaux, représentant la régénération de la psyché et la reconstruction du Temple de la Nouvelle Jérusalem 13.

L’ordre comprenait également le rabbin Samuel Jacob Falk, le Baal Shem de Londres 14. C’est par l’intermédiaire d’un ami morave que Swendenborg aurait rencontré Falk, et au cours des décennies suivantes, leurs carrières mystiques seront étroitement liées 15. Bien que dénoncé comme une canaille et un charlatan par ses compatriotes juifs, Falk était vénéré comme un maître de la Kabbale par les sabbatéens et les occultistes et maçons chrétiens, qui lui demandaient de l’aide et des connaissances en médecine, alchimie, magie sexuelle, recherche de trésors, prévisions de loterie et intrigues politiques. Des rapports sur ses exploits ont circulé dans les tribunaux et les loges de Londres à la Hollande, la France, l’Allemagne, la Suède, le Danemark, la Lituanie, la Pologne, la Russie et Alger. Les principales lignes de communication de ces rapports étaient les réseaux secrets des loges maçonniques d’Ecosse des Jacobites en exil. Ainsi, explique Schuchard, « l’apparition du Dr Falk sur la scène de l’Écossais était un acte nouveau mais pas sans précédent dans le drame de longue date des ‘Judéo-Écossais' » 16.

L’important soulèvement jacobite suivant a eu lieu en 1745, lorsque le prince Charlie Bonnie a été symboliquement couronné roi Charles III par le clergé de l’Église épiscopale d’Écosse. Cependant, un an plus tard, en 1746, le jeune prétendant fut désastreusement vaincu à la bataille de Culloden Moor, et la tentative des Jacobites de prendre Londres et d’y installer un roi Stuart fut déjouée. Une lettre originale du 3e duc de Perth (1713 – 1746) au comte d’Airlie Lord Ogilvy (1725-1803) peu après la victoire jacobite à Prestonpans, décrit une cérémonie secrète à Holyrood au cours de laquelle le prince a été élu Grand Maître de l’ancienne chevalerie du Temple de Jérusalem le mardi 24 septembre 1745 17.

David LIVINGSTONE

1 – Schuchard. “Why Mrs. Blake Cried.” See A.M. Ramsay, The Philosophical Principles of Natural and Revealed Religion (Glasgow: Robert Foulis, l748-49), II, 173-85, 304, 356, 537-38.

2 – Lloyd Strickland (ed. and transl.). Leibniz and the Two Sophies: The Philosophical Correspondence, (Toronto: Centre for Reformation and Renaissance Studies, 2011).

3 – Terry Melanson. Perfectibilists: The 18th Century Bavarian Order of the Illuminati [Kindle Edition] (Trine Day, 2011); Eugen Lennhoff, Oskar Posner, Dieter A. Binder. Internationales Freimaurer Lexikon. 5 (Auflage 2006, Herbig Verlag), p. 817.

4 – Gershom Scholem. Major Trends in Jewish Mysticism (New York: Schocken, 1961), p. 316.

5 – Antelman, To Eliminate the Opiate.

6 – Charles Novak. Jacob Frank, Le Faux Messie: Déviance de la kabbale ou théorie du complot (Paris: L’Harmattan, 2012), p. 47.

7 – Ibid.

8 – Isaiah Berlin, “Counter-Enlightenment.” Partisan Review (1949).

9 – History of Western Civilization, p. 482

10 – Jasper Ridley. The Freemasons: A History of the World’s Most Powerful Secret Society (Skyhorse Publishing Inc., 2011), p. 141.

11 – R.R. Palmer & Joel Colton. A History of the Modern World. (McGraw-Hill, Inc., 1950).

12 – Daniel P. Mannix. The Hellfire Club (eNet Press, 2015), p. 24.

13 – Daniel P. Mannix. The Hellfire Club (eNet Press, 2015), p. 43.

14 – Geoffrey Ashe. The Hell-Fire Clubs: A History of Anti-Morality (Great Britain: Sutton Publishing, 2005), p. 114.

15 – Geoffrey Ashe. The Hell-Fire Clubs: A History of Anti-Morality (Great Britain: Sutton Publishing, 2005), p. 133.

16 – Daniel P. Mannix. The Hellfire Club (eNet Press, 2015), p. 38.

17 – Daniel P. Mannix. The Hellfire Club (eNet Press, 2015), p. 33.

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