Les Occultes Secrets du Dalaï Lama 6. Hitlérisme ésotérique – David Livingstone

Depuis plus de trente ans, David Livingstone écrit sur les dessous de l’histoire. Il nous a fait l’honneur de nous accorder le droit de traduction de son incroyable Ordo ab Chao.

Le Dalaï Lama a continué à entretenir des liens importants avec les fascistes, en particulier avec le diplomate chilien Miguel Serrano (1917-2009), qui était un représentant important de ce que l’on appelle le nazisme ésotérique. Serrano a été inspiré par Savitri Devi (1905 – 1982), qui a acquis une grande influence dans les cercles néo-nazis en développant une forme religieuse de nazisme qui assimile de nombreuses notions de l’hindouisme et glorifie la race aryenne et Adolf Hitler. Elle a lié ces idées à la notion hindoue d’avatar, qui incarne la descente périodique sur terre de la divinité, typiquement Vishnu.

Les idées de Savitri concernant les origines des Aryens étaient tirées des livres de Bal Gangadhar Tilak (1856 – 1920), le premier leader populaire du mouvement pour l’indépendance de l’Inde. Les autorités coloniales britanniques l’appelaient par dérision « le père de l’agitation indienne ». Il a également participé à la fondation de la All India Home Rule League en 1916-18, avec Muhammad Ali Jinnah et Annie Besant. Tilak était un érudit accompli de la littérature sacrée hindoue ancienne. En 1903, il écrit le livre The Arctic Home in the Vedas, dans lequel il soutient que les Vedas n’ont pu être composés que dans l’Arctique et que les bardes aryens les ont apportés au sud après le début de la dernière période glaciaire.

Après la défaite du Troisième Reich, Serrano a continué à croire qu’Hitler s’était échappé des ruines de Berlin et avait trouvé refuge en Antarctique. Cette idée a fait l’objet de nombreuses rumeurs dans la presse latino-américaine au cours de l’été 1945. Dans The Golden Thread: Esoteric Hitlerism, Serrano affirme qu’Hitler se trouve à Shambhala, qui se trouvait auparavant au pôle Nord et au Tibet, mais qui a été déplacé dans une base antarctique en Nouvelle-Souabe. Là, Hitler était en contact avec les dieux hyperboréens et il émergerait un jour avec une flotte d’ovnis pour mener les forces de la lumière contre les forces des ténèbres dans une dernière bataille et pour inaugurer un quatrième Reich.

Tradition venant du Nord, Agartha, Fraternité des Polaires et Synarchie rejoignent ces légendes orientalo-aryennes.

Les affirmations de Serrano sont le reflet de la revendication de contacts entre les nazis et la Société du Dragon Vert. L’auteur conspirationniste allemand Jan Udo Holey, qui a choisi le nom de plume « van Helsing » après avoir lu le Dracula de Bram Stoker, fournit des détails sur le mythe. Dans Secret Societies and their Power (1993), Helsing affirme que des moines tibétains ont travaillé à la création du Troisième Reich avec des chevaliers templiers organisés dans la plus haute loge du « soleil noir », qui aurait conservé une base souterraine dans l’Himalaya. Le souverain du royaume souterrain serait « Rigdenjyepo », son représentant sur Terre étant le Dalaï Lama.

Des affirmations similaires ont été avancées dans l’ouvrage controversé de Trevor Ravenscroft, The Spear of Destiny (1973). Selon Ravenscroft, les missions nazies au Tibet avaient pour but d’établir un contact avec les ancêtres aryens de Shambhala et d’Agharti, des adeptes qui étaient les gardiens de pouvoirs occultes secrets, en particulier le Vril, et il mentionne également l’histoire récurrente de l’établissement à Berlin de la Société des hommes verts et de leur mystérieux chef, l’ « Homme aux gants verts ».

Bien que ces affirmations ne soient pas très plausibles, Allen H. Greenfield, qui était également évêque au sein de l’Église catholique gnostique Ordo Templi Orientis (OTO), a prétendument corroboré l’histoire. Greenfield affirme avoir personnellement interrogé un Chevalier de Malte anonyme qui a rencontré les dirigeants ésotériques du Troisième Reich en 1937, en présence de Haushofer, pour « vendre » au régime nazi le contact avec ce qu’il appelait « la race à venir ». Lorsque Greenfield lui a demandé en 1979 d’expliquer ce qu’il entendait par là, il a répondu : « les Ultraterrestres », bien sûr. Les Allemands avaient remarqué leurs « fusées fantômes » en Suède et étaient conscients de leur puissance. La plupart des vieux nazis présents, cependant, étaient d’anciens membres de la Société de Thulé ou de l’archaïque Société du Vril, et pensaient que je parlais de Tibétains ou de surhommes aryens, ou d’une autre connerie de ce genre. À l’exception de Haushofer, qui en savait plus, et de l’ « homme aux gants verts » qui, bien que supposé être lui-même un Tibétain, était certainement un Ultraterrestre » 45.

Dans le cadre de ses fonctions diplomatiques, Serrano rencontre de nombreuses personnalités indiennes de premier plan, devenant l’ami personnel de Jawaharlal Nehru et d’Indira Gandhi. Jawaharlal Nehru, le plus proche collaborateur de Gandhi, qui devint le premier Premier ministre de l’Inde indépendante (1947 – 64), fut recruté par Annie Besant à l’âge de treize ans seulement, elle-même présidant sa cérémonie d’initiation 46.

Au cours de ses fonctions d’ambassadeur à Vienne puis en Suisse, avant d’être renvoyé du service diplomatique chilien dans les années 1970 par le président Salvador Allende, Serrano a cultivé des liens d’amitié avec Arnold Toynbee, Arthur Koestler, Aldous Huxley et d’importants anciens nazis et fascistes internationaux comme, parmi beaucoup d’autres, Otto Skorzeny, Hans-Ulrich Rudel, Hanna Reitsch, Herman Wirth (ex-directeur de l’Ahnenerbe), Ezra Pound et Wilhelm Landig 47.

Wilhelm Landig était le chef du groupe Landig, également connu sous le nom de Vienna Lodge, formé en 1950 pour faire revivre la mythologie aryenne de Thulé. Dans Göten gegen Thule, il décrit ce qu’il appelle le Point 103, une base secrète établie par l’élite SS dans l’Arctique canadien, avec un grand complexe souterrain équipé d’une technologie avancée, y compris des soucoupes volantes. De nombreux délégués étrangers assistent à une grande conférence qui se tient dans la salle de réunion de la base, décorée de symboles astrologiques et d’une énorme icône de Mithra terrassant le Taureau. Parmi les délégués qui ont tous été transportés à la base en soucoupe volante, on trouve un lama tibétain, des officiers japonais, chinois et américains, des Indiens, des Arabes, des Perses, un Éthiopien, un officier brésilien, un Vénézuélien, un Siamois et un Indien mexicain. Les Arabes appartiennent à des confréries islamiques secrètes, les Indiens et les Perses à d’anciennes traditions aryennes, et les Orientaux font allusion à leurs ordres occultes et à un mystérieux centre mondial. Vêtus de leur uniforme ou de leur costume national, de nombreux délégués prononcent des discours dans lesquels ils identifient leurs mythes et idéaux nationaux avec ceux de Thulé et s’engagent à les soutenir pleinement lorsque le moment sera venu de passer à l’action.

Serrano se vante également d’être un « bon ami » du Dalaï Lama XIV, et explique cette curieuse relation de la manière suivante :

J’ai également rencontré le Dalaï Lama au moment où il s’est échappé du Tibet pendant l’invasion de la Chine communiste. Il était très jeune, il avait 25 ans. Je suis allé le rencontrer dans l’Himalaya. Il n’oublie jamais cela. Nous nous sommes revus lors des funérailles d’Indira Gandhi à Delhi. Il m’a invité à me rendre à Dharmasala, où il vit actuellement. Nous avons eu une conversation très intéressante. Il est bon de savoir qu’avant l’introduction du bouddhisme au Tibet, les Tibétains étaient une race de guerriers et leur religion, le Bön, utilisait également la même croix gammée que l’hitlérisme. Jusqu’à aujourd’hui, les services de renseignements anglais et américains n’ont pas été en mesure de découvrir les véritables liens mystérieux qui existaient entre le Tibet et l’Allemagne hitlérienne 48.

Si doutes, cette vidéo réalisée par cette chaîne YouTube occulto-gnostique devrait les ôter. Pour creuser les liens manichéens allant du Tibet aux Cathares, les propos gnostiques de René Nelli et Raymond Abellio tenus dans cette émission Les Cathares et l’amour avec (1972) rejoignent ceux de Roland Hureaux et d’Étienne Couvert dans Gnôsis (2022).

Comme ce fut le cas pour la plupart des biens nazis, le Dalaï Lama est passé entre les mains de la CIA après la Seconde Guerre mondiale. Après l’invasion chinoise du Tibet en 1950, la CIA a commencé à former des résistants tibétains contre l’Armée populaire de libération (APL) de la Chine. Une organisation financée par la CIA, l’American Society for a Free Asia, a fait connaître la cause de la résistance tibétaine. Le frère aîné du Dalaï Lama, Thubtan Norbu, a joué un rôle actif au sein de cette organisation. Le deuxième frère aîné du Dalaï Lama, Gyalo Thondup, a mis en place une opération de renseignement avec la CIA dès 1951 49.

Comme l’expliquent Victor et Victoria Trimondi, depuis plus de 25 ans, des centaines de milliers de personnes ont été « initiées » par le Dalaï Lama XIV aux mystères du Tantra Kalachakra et de Shambhala, qui sont devenus des piliers centraux de la mythologie du néonazisme religieux 50. Serrano a intégré le quatorzième Dalaï Lama dans la formulation de ses mythes ésotériques autour d’Hitler. Sa « compétence », dit-il du quatorzième dalaï-lama, est « étroitement liée à celle de l’Allemagne hitlérienne… sur la base de connexions qui n’ont pas encore été découvertes » 51. Le dalaï-lama n’a jamais pris ses distances avec Serrano. Au lieu de s’opposer au fascisme, il a récemment demandé que l’ancien dictateur chilien Augusto Pinochet ne soit pas jugé, faisant référence à la nécessité du « pardon » 52.

 CINQUIÈME PARTIE : EXPÉDITIONS AU TIBET

David LIVINGSTONE

45 – Allen Greenfield, Secret Rituals of the Men In Black, (Lulu.com, 2005), p. 28.

46 – Meyer, Karl Ernest & Brysac, Shareen Blair, Tournament of Shadows: The Great Game And the Race for Empire in Central Asia, p. 459.

47 – Goodrick-Clarke, Black Sun: Aryan Cults, Esoteric Nazism, and the Politics of Identity, p. 177.

48Dalai Lama’s Depressing Past, Disappointing Politics, Foreign Confidential, (Monday, March 31, 2008).

49 – Loren Coleman, Tom Slick and the Search for the Yeti (London: Faber and Faber, 1989).

50 – Victor & Victoria Trimondi, The Shadow of the Dalai Lama – Annex: Critical Forum Kalachakra

51 – Miguel Serrano, Das goldene Band, p. 366.

52Forgive Pinochet, says Dalai Lama, CBC News, (Friday, November 10, 2000).

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