Elisabeth Badinter a-t-elle Perdu le Contrôle de son Golem ?

Initialement publié dans le Rivarol du 15 septembre 2020, après le premier épisode de Comprendre l’Affaire Matzneff, cet article de François-Xavier Rochette a priori sans lien avec, s’avère être un véritable « spin off » de cette affaire multi-faces.

Janus Feminae

Que se passe-t-il dans la tête de la fumeuse Elisabeth Badinter, cette drôle de féministe qui a l’impression, dirait-on, d’avoir perdu le contrôle de « son » Golem ? Elisabeth Badinter a fait publier une tribune courroucée au sein du Journal du Dimanche (qui ne peut rien lui refuser) du 6 septembre dernier, une véritable charge contre « le néo-féminisme guerrier ». Sa réaction furibonde est pourtant bien tardive. Cela fait trois ans que le phénomène MeToo se développe en France mais Elisabeth Bleustein-Badinter se réveille aujourd’hui comme si elle découvrit la Lune. C’est affreux, croit-on en lisant sa prose, « on balance » désormais les « agresseurs présumés » et plus seulement les agressions. Il est pour Elisabeth affreux que tous les moyens soient devenus bons pour les « féministes » pour lutter contre les viols, tous les moyens, condamne-t-elle, « jusqu’à la destruction morale de l’adversaire ». On notera l’emploi du vocable d’adversaire pour désigner le violeur. Badinter dérape. Elle s’affole. Plongée dans ses pensées kabbalistiques, elle condamne ces féministes qui seraient armées d’une pensée binaire, qui ignoreraient le doute : « A leurs yeux, les êtres humains sont tout bons ou tout mauvais. Les nuances n’existent plus. C’est le mythe de la pureté absolue qui domine ». S’est-elle regardée ? Que lui arrive-t-il ?!

On trouve peut-être un début d’explication dans ces propos écrits au cœur de son texte :

« En l’espace d’une année au moins, trois hommes en France ont été jetés aux chiens avant que la justice les lave des accusations portées contre eux : un journaliste, un ancien ministre et un trompettiste. Ce dernier a même été d’abord condamné à quatre mois de prison avec sursis, avant d’être blanchi quand on s’aperçut que la plaignante avait menti. Aujourd’hui c’est un ministre en exercice et l’adjoint à la culture du Conseil de Paris qui sont dans la tourmente. Les manifestantes qui réclament la ‘tolérance zéro’ pour ceux accusés d’agression sexuelle n’ont rien à dire de celles qui ont menti, ou affabulé. » 

Diantre, pourquoi intervient-elle aujourd’hui (des faits plus légers ont été montés en épingle par d’autres dans le passé comme cette histoire de main baladeuse de Joxe ou plus récemment de Giscard), alors que le cas Girard, qui semble l’intéresser, est une véritable affaire dans laquelle le principal acteur est soupçonné d’avoir soutenu activement Gabriel Matzneff (sur les ordres cependant de Pierre Bergé) et est soupçonné par le New-York Times qui relaie un témoignage accablant d’avoir violé à plusieurs reprises un adolescent. N’y avait-il pas d’autres moments pour se lancer dans une condamnation tous azimuts de ce qu’elle appelle le néo-féminisme, alors que ses tenants réagissent simplement à des faits dévoilés et éclairés par le journal américain et vitupèrent contre des hommes pédomanes qui ont agressé autant de jeunes filles que de de garçonnets (pour Matzneff). Bref, tant que les néo-féministes ne s’attaquaient pas au prince de Paris, la Badinter n’ouvrait pas son clapet. Du moins n’allait-elle pas au charbon en bras de chemise, les lèvres écarlates. Là a-t-on vraiment l’impression qu’elle défend une caste particulière à l’image d’une autre Elisabeth, Lévy de Causeur qui, il y a peu, défendait farouchement l’écrivain toqué en affirmant, éhontée, qu’on ne lui connaissait « que » deux victimes. Comme Matzneff, il est vrai, elle travailla pour le magazine Globe de Pierre Bergé et fonda Causeur avec le grand pote de Matzneff, Roland Jaccard (joueur de ping pong en slip à la piscine Deligny), aussi doit-elle avoir un haut seuil de tolérance envers tout ça. 

Une réaction bien tardive

Nous le voyons, ce n’est pas le féminisme radical ou néo-féminisme qui dérange Madame Badinter. Elle ne nous fera pas croire cela. D’ailleurs ses écrits témoignent contre elle. Depuis toujours, cette milliardaire s’auto-proclamant philosophe, joue sa petite Simone de Beauvoir ou la Louise Michel du slip en se servant de l’or de la familia et de la notoriété de son mari, le « sycophante jaunâtre » pour parler comme Jean-Edern Hallier qui a bien connu tous ces faux gentils. 

Elisabeth Badinter avec Simone de Beauvoir
La première des azimutées

Dans L’un est l’autre : Des relations entre hommes et femmes , Élisabeth Badinter écrit à genoux devant son sycophante : « Le patriarcat n’est pas un simple système d’oppression sexuelle. Il est aussi l’expression d’un système politique qui a pris appui, dans nos sociétés, sur une théologie. » Oppression sexuelle, dit-elle, sans avoir attendu la « déferlante » néo-féministe pour oser le faire. Pis, cette mère de Simon, Benjamin et Judith, a passé l’essentiel de son existence à faire passer la maternité, la figure de la mère, et l’instinct maternel pour des billevesées. Tuer la mère qui existe en chaque femme fut sa passion et le reste. Florilège de citations de Madame Badinter, pleines de haine.

« Au lieu d’instinct, ne vaudrait-il pas mieux parler d’une fabuleuse pression sociale pour que la femme ne puisse s’accomplir que dans la maternité ? »

« Quand une femme a des ambitions (mondaines, intellectuelles, ou professionnelles comme aujourd’hui) et les moyens de les satisfaire, elle est infiniment moins tentée que d’autres d’investir son temps et son énergie dans l’élevage de ses enfants. »

« Quand une femme a des ambitions (mondaines, intellectuelles, ou professionnelles comme aujourd’hui) et les moyens de les satisfaire, elle est infiniment moins tentée que d’autres d’investir son temps et son énergie dans l’élevage de ses enfants. »

« À parcourir l’histoire des attitudes maternelles, naît la conviction que l’instinct maternel est un mythe. Nous n’avons rencontré aucune conduite universelle et nécessaire de la mère. Au contraire, nous avons constaté l’extrême variabilité de ses sentiments, selon sa culture, ses ambitions ou ses frustrations. Comment, dès lors, ne pas arriver à la conclusion, même si elle s’avère cruelle, que l’amour maternel n’est qu’un sentiment et comme tel, essentiellement contingent. Ce sentiment peut exister ou ne pas exister ; être et disparaître. Se révéler fort ou fragile. Privilégier un enfant ou se donner à tous. Tout dépend de la mère, de son histoire et de l’Histoire. Non, il n’y a pas de loi universelle en cette matière qui échappe au déterminisme naturel. L’amour maternel ne va pas de soi. Il est « en plus ». »

« Le maternalisme tant prôné n’a pour l’heure engendré ni matriarcat, ni égalité des sexes, mais plutôt une régression de la condition des femmes. Régression consentie au nom de l’amour que l’on porte à son enfant ; du rêve de l’enfant parfait et d’un choix moralement supérieur….. Chacun le sait : rien ne vaut la servitude volontaire!…. C’est l’innocent bébé- bien malgré lui- qui est devenu le meilleur allié de la domination masculine ».

« L’idée convenue que l’enfant renforce la solidité d’un couple a fait long feu…. A l’inverse; les couples sans enfant se plaisent à souligner les avantages du tête à tête : vivre l’un pour l’autre, faire plus de choses à deux que les parents, être à l’écoute des sentiments et des désirs de l’autre ».

« Si l’allaitement est un droit, le non allaitement l’est-il encore? (…) A présent, le discourt a changé et tend à se faire plus ferme. (…) On parle de moins en moins de droit et de plus en plus de devoir. Aujourd’hui le biberon [est] synonyme d’égoïsme maternel. (…) Pourtant certaines adeptes de la Lèche League pour l’allaitement maternel se plaignent de n’être plus qu’un « repas ambulant » ou une « tétine géante » »

« La future mère ne fantasme que sur l’amour et le bonheur. Elle ignore l’autre face de la maternité faite d’épuisement, de frustration, de solitude, voire d’aliénation avec son cortège de culpabilité. »

« La maternité est l’entrave majeur à la souveraineté féminine. »

A  l’aune de ces citations, nous sommes forcé d’aboutir à la conclusion que la femme Badinter n’est pas féministe mais ennemie du genre humain. Ses attaques contre les outrances des néo-féministes cachent donc autre chose. 

Une milliardaire et ses partenaires 

Héritière et premier actionnaire de Publicis, Elisabeth Badinter n’est pas seulement la partenaire de la LICRA pour qui elle fait la propagande, de l’UNICEF, mais aussi de LVMH pour qui travailla longtemps un certain Christophe Girard à un poste essentiel, à un poste stratégique (directeur de la stratégie mode de 1999 à 2016) qui le mettait directement en relation avec la célèbre agence de publicité. Quant à la théologie dénoncée par cette femme, elle ne concerne pas n’importe quel dieu. Car Elisabeth Badinter a beau être une lutteuse laïcarde, elle reste fidèle à ses traditions. Le renoncement, c’est pour les autres. Aujourd’hui, sa cible principale est le voile dont se revêtent nombre de musumanes. Ses attaques, dit-elle, sont motivées par sa foi en la sainte laïcité, lymphe de cette république, putain des puissants agissant dans son ombre. Mais lorsqu’un débat apparaît sur la circoncision rituelle, la républicaine change de discours, arrondit les angles de son laïcisme de guerre, vitupère contre l’antisémitisme. Elisabeth Badinter est une caricature de cette hypocrisie qui fait toute la sève de la république. Ainsi signe-t-elle en octobre 2013 la pétition du CRIF qui s’inquiète alors d’une résolution du Conseil de l’Europe visant à interdire la circoncision. Une résolution « blessante » selon le CRIF, notamment « pour ceux qui pratiquent la circoncision pour des raisons religieuses. » Une résolution « irrespectueuse des pratiques et traditions millénaires qui sont au cœur du judaïsme ». Quelle cohérence Madame Badinter ! Vous pouvez bien écarquiller vos yeux globuleux, vociférer, ou chanter toutes les qualités de la circoncision référencées par les rabbins, rien n’y fait : vous êtes une menteuse Madame Badinter. Vos réactions, vos interventions sont motivées par vos intérêts propres. 

Héritière de l’empire Publicis, ici au côté de son président Maurice Lévy

En effet, toutes les enquêtes, toutes les critiques circonstanciées qui développent l’affaire Matzneff, mènent inéluctablement les chercheurs vers l’empire de Pierre Bergé et d’une manière plus générale vers la Mitterrandie dont fait partie à part entière Robert Badinter membre encore selon les bons mots du coruscant Jean-Edern Hallier du « Gang de Solutré » (Mitterrand le grand architecte entouré en première ligne de Bergé, de Jack Lang, de Kiejman, de Pascal Sevran, et de Badinter). On imagine aisément que, pour Elsabeth Badinter, élevée dans la publicité, la réputation, l’image, les dorures, priment sur tout le reste. Des femmes, des jeunes filles, des fillettes, et des petits garçons plus encore, elle s’en fiche royalement. En revanche, les intérêts de L’Oréal et de LVMH, c’est du sérieux pour elle. 

Des écrits qui ne passent pas

Si Elisabeth Badinter travaillait pour que les femmes et les filles soient respectées dans ce bas monde, elle aurait peut-être convoqué le JDD non pour écorcher le « néo-féminisme » mais pour condamner comme il se doit le nouveau film diffusé par Netflix, Mignonnes (ou Cuties) et produit par David Grumbach. Une histoire de fillettes se lançant dans la danse hypersexualisée que l’on ne décrira pas ici. Une production qui excite les pédomanes et donc qui les pousse à agir. Mais c’est peu de chose pour Elisabeth Badinter, c’est peu de chose en comparaison de la souffrance morale que subit le camarade Christophe Girard. Et puis, nous ne nous serions peut-être pas intéressé de si près au cas Badinter si la dame n’avait osé écrire noir sur blanc en 1992 dans son célèbre XY cette assertion aussi absurde que scandaleuse :

« La bonne mère est naturellement incestueuse et pédophile. » 

François-Xavier ROCHETTE

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