II.13.i Âge de la Déraison – Le Siècle des Lumières

Devenez complotiste avec le Volume II – Chapitre 13 – Partie i de l’incroyable Ordo ab Chao de l’auteur canadien David Livingstone, qui depuis 30 ans dévoile les coulisses de l’Histoire et vient de nous donner les droits de son intégrale traduction.

Selon le rabbin Antelman dans To Eliminate the Opiate, les Rothschild sont les véritables fondateurs des célèbres Illuminati bavarois. Amschel Mayer Bauer, le fondateur de la dynastie des Rothschild, a largement réalisé sa fortune grâce à son association avec la famille régnante de Hesse-Kassel, descendants directs de Maurice, Landgrave de Hesse-Kassel, du cercle des premiers Rose-Croix, ami de Frédéric V du Palatinat et d’Elizabeth Stuart, dont le mariage est le thème central des Noces Chymiques de Christian Rosenkreutz. Frédéric II de Hesse-Kassel, qui était l’homme le plus riche d’Europe, épousa la princesse Marie de Grande-Bretagne, fille du roi George II d’Angleterre, lui-même arrière-petit-fils de Frédéric V et d’Elizabeth Stuart. Le fils de Frédéric II, le prince Charles de Hesse-Kassel (1744 -1836), était un membre éminent des Illuminati bavarois 1.

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Le Prince Charles de Hesse-Kassel (1744-1836)

Les Illuminati ont prêté leur nom à l’époque qu’ils ont finalement influencée, les Lumières du XVIIIe siècle, réalisant ainsi le programme franquiste que Gershom Scholem a appelé le « Mythe religieux du nihilisme » 2. En fin de compte, Frank a enseigné à ses disciples que le renversement et la destruction de la société étaient la seule chose qui pouvait sauver l’humanité. Malgré le fait qu’ils étaient tous extérieurement religieux, les Frankistes cherchaient « l’anéantissement de toute religion et de tout système de croyance positif » et ils rêvaient « d’une révolution générale qui balayerait le passé d’un seul coup afin que le monde puisse être reconstruit » 3 . Comme l’indique Charles Novak, dans Jacob Frank, Le Faux Messie selon le Talmud, l’ère messianique serait précédée par le chaos, la perversion et la destruction d’Edom, un équivalent juif pour Rome, ou de l’Europe. Il faudrait donc, pour hâter l’avènement du Messie, semer les graines d’un tel chaos 4. De la philosophie révolutionnaire des Frankistes, Gershom Scholem a écrit, dans La Kabbale et son symbolisme : « Pour Frank, la destruction anarchique représentait tout le rayonnement luciférien, toutes les tonalités positives et les connotations, du mot Vie » 5.

Après plusieurs siècles d’opposition subversive à l’Église catholique, les sociétés secrètes clandestines ont obtenu leur premier succès politique sous le couvert des Illuminati, grâce à leur promotion des principes des Lumières, qui a culminé avec les révolutions française et américaine, et l’instauration de la laïcité. Le XVIIIe siècle des Lumières aurait représenté une étape tardive de l’évolution intellectuelle de la civilisation occidentale, le progrès de la laïcité et du rationalisme scientifique qui a commencé en Grèce et s’est poursuivi jusqu’à la Renaissance. La vision conventionnelle du Siècle des Lumières a été résumée par Isaïe Berlin, comme suit :

La proclamation de l’autonomie de la raison et des méthodes des sciences naturelles, fondée sur l’observation comme seule méthode fiable de connaissance, et le rejet consécutif de l’autorité de la révélation, des écrits sacrés et de leurs interprètes acceptés, de la tradition, de la prescription et de toute forme de source de connaissance non rationnelle et transcendante… 6

À l’insu du commun des mortels, alors que ses partisans dénonçaient les Écritures comme des « superstitions », le Siècle des Lumières était un projet de sociétés secrètes occultes. Le nom d’Illumination trahit l’influence des Illuminati et autres loges des Illuminés qui, par l’intermédiaire de Jacob Boehme, ont fait progresser la Kabbale d’Isaac Luria. Tout comme, selon Isaac Luria, le progrès intellectuel de l’homme est l’évolution de Dieu venant à se connaître lui-même, l’histoire est l’évolution de la laïcité, où l’homme utilise sa propre « raison » pour arriver à la conclusion que l’homme est Dieu, et donc, l’auteur de son propre destin. Leur laïcité n’est pas fondée sur un rejet de Dieu, mais sur une interprétation gnostique de la divinité, où le vrai Dieu est Lucifer, qui cherche à enseigner à l’homme la « liberté » des commandements soi-disant oppressifs du Dieu créateur de la Bible. On a donc pensé qu’une réorganisation radicale de la société était non seulement possible, mais nécessaire. Comme l’a décrit le propagandiste moderne William H. McNeill :

L’histoire en est venue à être considérée, selon la phrase de Gibbon, comme un registre des misères, des crimes et des folies de l’humanité, mais dans ce registre, il y avait un progrès lent, stoppé mais indéniable. La raison, aux yeux des optimistes, semblait remporter de nouvelles victoires chaque jour ; une nouvelle ère des Lumières s’était ouverte et l’humanité semblait sur le point de sortir d’une longue nuit de superstition et d’ignorance. Il ne restait plus qu’à éliminer les vestiges des temps passés : pour des hommes comme Voltaire, cela signifiait notamment la destruction de l’Église. Une fois tous ces obstacles levés, plus rien n’empêcherait une réorganisation rationnelle de la société et l’avènement d’une ère de bonheur général où la bonté naturelle des hommes prévaudrait. 7

La quasi-totalité des principaux personnages des Lumières françaises, à savoir Voltaire, Montesqieu, Diderot, d’Alembert, Condorcet et Rousseau, étaient tous membres de la franc-maçonnerie. Diderot, l’un des plus importants leaders du mouvement, a rassemblé des dizaines de philosophes pour compiler la grande réalisation des Lumières, l’Encyclopédie. Les philosophes les plus étroitement associés à l’Encyclopédie ont développé une vision du monde matérialiste, déterministe et même athée. Voltaire a été initié à la franc-maçonnerie un peu plus d’un mois avant sa mort. Le 4 avril 1778, Voltaire fréquente la Loge des Neuf Sœurs à Paris et devient apprenti franc-maçon. Selon certaines sources, « Benjamin Franklin… a poussé Voltaire à devenir franc-maçon ; et Voltaire a accepté, peut-être seulement pour faire plaisir à Franklin » 8. Voltaire est célèbre pour l’expression « écrasez l’infâme » qui a inspiré la Révolution. Cette expression fait référence aux abus du peuple par la royauté et le clergé que Voltaire voyait autour de lui, ainsi qu’à la « superstition » et à l’intolérance que le clergé cultivait au sein du peuple 9.

David LIVINGSTONE

1 – Terry Melanson. Perfectibilists: The 18th Century Bavarian Order of the Illuminati [Kindle Edition] (Trine Day, 2011); Eugen Lennhoff, Oskar Posner, Dieter A. Binder. Internationales Freimaurer Lexikon. 5 (Auflage 2006, Herbig Verlag), p. 817.

2 – Gershom Scholem. Major Trends in Jewish Mysticism (New York: Schocken, 1961), p. 316.

3 – Antelman, To Eliminate the Opiate.

4 – Charles Novak. Jacob Frank, Le Faux Messie: Déviance de la kabbale ou théorie du complot (Paris: L’Harmattan, 2012), p. 47.

5 – Ibid.

6 – Isaiah Berlin, “Counter-Enlightenment.” Partisan Review (1949).

7 – History of Western Civilization, p. 482

8 – Jasper Ridley. The Freemasons: A History of the World’s Most Powerful Secret Society (Skyhorse Publishing Inc., 2011), p. 141.

9 – R.R. Palmer & Joel Colton. A History of the Modern World. (McGraw-Hill, Inc., 1950).

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